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 Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}

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MessageSujet: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Ven 15 Juil - 10:05

"Rayer l 'émotion inutile"


« Fiancée. Jeune personne qui a une belle
perspective de bonheur derrière elle. »





Le soleil serait finalement bien présent, mué par une curiosité parfaitement compréhensible, lui dont l’ultime luxe se résumait à l’observation des mortels sous-jacents. Les averses de la nuit, balayées par l’arrivée du petit matin, et mourant en même temps que les dernières étoiles, avaient laissé un fin film brillant sur chaque chose, baignant le vert des feuilles d’une couche de diamant captant le moindre rayon. La nature, s’éveillait après l’ondée et goûtant à l’accalmie, renaissait, sereine, lumineuse, et laissait croire que toute chose entreprise en ce jour lumineux se verrait couronnée de succès.

Assis sur le rebord de la fenêtre de sa chambre, une des ouvertures élégantes perçant l’étage du mur Est, Gui regarda l’astre diurne se lever, goûtant l’air frais du jour sans frémir, sa chemise largement ouverte offrant son sternum à la douce morsure de l’aurore. Le ciel teinté de rose le salua, encore baigné de silence et de solitude, avant que Londres ne s’éveille, et que la vie aux innombrables facettes ne dissipe l’image de campagne isolée imprégnant ces parties de la capitale où les maisons laissaient place aux propriétés d’aristocrates. Ni la bise venue de la Tamise, le chant lointain des cloches ou la luminosité mordante des premières heures ne lui feraient croire aux bons présages, ces murmures de la nature insufflés par Dieu lui-même, interprétés par le Clergé, et destinés à guider les hommes. Non, en ce jour, le Lord ne suivrait, comme à son habitude, que son cœur, en le jugement duquel il avait toute confiance. Tout avait été prévu de longue date, et fort des plans qu’il avait lui-même conçus, et qui à présent se mettaient en pratique, l’anglais n’éprouvait aucune appréhension quant aux heures à venir, prêt à laisser passer le temps jusqu’à un moment fatidique qu’il ne craignait en rien. Il s’agissait sans doute d’une certaine forme de foi, conviction posée et calme parfait soulignant les opportunités placées à portée de sa main, et qu’il comptait bien amasser, tels des trésors pour l’avenir. Tout un programme, que le bien né entamait sans perdre ne serait-ce qu’un instant, s’éveillant avec les oiseaux habitant le parc de son manoir, voulant être parfaitement prêt pour ce qui ne manquerait pas d’advenir. Les pelouses, au dehors, se revêtaient d’or, et les rumeurs des citadins, grondement sourd animant la paix verdoyante alentour, répondait à l’écho de ses pensées.

Sa tranquille contemplation prit fin lors de l’entrée de son domestique personnel, venu s’enquérir des derniers désirs en date de son maître. Se déroulèrent alors les sempiternels évènements rythmant la vie d’un noble, entre une brève collation, l’habillement, le récit des dernières nouvelles ainsi que la dispensation des recommandations habituelles… Habituelles ? Pas tant que cela, mais n’allons pas si vite en besogne. Avant de recevoir le fameux invité dont la présence future avait tiré Fleming des bras de Morphée sans pour autant l’agiter d’impatience, tant de choses requéraient son attention. Les affaires du Royaume n’attendant pas, et les rumeurs de tout poil pouvant revêtir un relatif intérêt lorsque l’on savait les décrypter correctement, Guildford employa sa matinée si prématurément débutée à régler les divers cas administratifs portés à sa connaissance. Bon nombre de messagers le visitaient chaque jour, lui portant aussi bien des invitations à dîner de ses relations à la Cour que des nouvelles de Berwick et de ses environs. Ses terres, bien que se passant de sa présence effective, et trop éloignées de Londres pour qu’il puisse les rejoindre sans tracas, nécessitaient néanmoins des efforts constants afin d’être administrées et mises en valeur comme elles le méritaient. Ce genre de tâches, que beaucoup reléguaient à de grands intendants parfois fort peu minutieux, ne rebutait nullement le britannique. Obtenir ces hectares avait été le fruit d’une si longue attente ! Chaque signature, trait de plume ou livre déboursée le rapprochait par le cœur et par la pensée de son foyer, de cette contrée aussi reculée que sauvage ayant vu naître ses ancêtres, et où sa sœur résidait. S’il n’y avait eu Sa Majesté, et de potentiels confédérés à rallier à sa cause, Gui n’aurait sans doute jamais escompté vivre ailleurs qu’à la frontière, son épée proche des ennemis à occire, et son âme en harmonie avec ses racines. Mais une nouvelle fois, la rêverie expira : ressasser d’hypothétiques avenirs radieux où l’Angleterre n’aurait plus rien à craindre ne lui apporterait dans l’immédiat, mis à part un réconfort bien illusoire ne lui occupant l’esprit que de manière trop improductive, quand tant de personnes dépendaient de lui. De la maîtrise, de la rigueur. Sa conscience, pleinement accaparée par d’innombrables travaux à mener à bien, ne s’attarda pas sur la fuite des heures.

Le dîner fut servi, et Gui ajouta au plaisir simple d’une bonne chère la satisfaction d’avoir mener à bien ce qu’il escomptait réaliser avant l’arrivée de Marianne. La jeune bourgeoise était en effet l’objet des attentes de l’aristocrate, attendue pour l’après-dînée en compagnie du chaperon que son père lui aurait désigné. Ne vous méprenez et, à l’image d’un troubadour de province, ne vous laissez point aller à d’ores et déjà chanter la romance les unissant tout deux. Si nulle tendresse n’animait miss Foster –ce qui était le plus compréhensible du monde, compte-tenu du simili guet-apens dans lequel elle était tombée-, aucune flammèche de quelque passion que ce fût n’aurait pu se vanter d’étreindre le cœur de Gui. Non, comme ce dernier aurait ouvert les portes de sa demeure à un potentiel acquéreur, le Lord recevait sa fiancée selon l’usage, qui voulait que sa future épouse prît connaissance de l’aisance financière de son promis. Une manière comme une autre de la convaincre, sans doute… Quoi qu’il en soit, Guildford n’avait rien à cacher, et tout à gagner à cette alliance, d’où son souhait d’accueillir la demoiselle comme il se devait. C’était donc la volonté de bien faire qui l’avait animé depuis l’aube, et non malheureusement une quelconque impatience de revoir cette femme dont les talents de bretteuse ne semblaient plus à faire. Aucune once de romantisme. Pas de fioritures inutiles. Tel un grand seigneur, vêtu de hautes bottes noires et d’une courte tunique d’un rouge brodé d’or {link}, Guildford ferait cette fois véritablement la rencontre de la demoiselle, seulement entraperçue dans les bois. Les tractations afin d’obtenir sa main s’étaient faites en présence de Richard Foster, sans qu’une seule fois l’avis de l’intéressée ait été demandée ; l’occasion apparaissait enfin de découvrir un peu plus avant celle avec qui il convolerait sous peu, et sur qui Fleming avait arrêté son choix.

À l’heure convenue, son valet de pied vint l’avertir que l’on avait préparé selon les ordres l’arrivée de dame Marianne, et qu’il se chargerait personnellement de guider l’invitée de son employeur jusqu’à ce dernier, dès la descente du carrosse. Un fin sourire glissa subrepticement sur les lèvres du nanti à cette affirmation : une petite voix lui susurrait que la belle ferait son apparition à cheval, se pliant à la volonté paternelle sans pour autant se départir de ce côté rebelle si… Interpelant. C’était ce qui avait fait d’elle une exception. Une chose devenue désirable aux yeux de Guildford. Dans le plus platonique sens du terme.

Dans la salle de réception, à la longue table pour le moment vide de tout convive, Gui attendait, serein. Autour de lui, dans les sphères dans lesquelles il évoluait, combien de fois avait-il entendu le récit de ces rares têtes-à-têtes où la foudre divine frappait, donnant naissance à une idylle dont personne n’aurait soupçonné la possibilité ? Trop de magie dans ces contes pour enfants ; la majorité parlait pour les autres, et tout avait été si bien calculé par ses soins –l’éventuel rafraîchissement que Marianne désirerait prendre, le siège qui lui serait attribué, chaque réponse à ses potentielles demandes-, que le hasard ne trouverait résolument aucune place dans cette entrevue. Et l’éventuel coup de foudre demeurerait… Eventuel. Après tout, il en fallait moins que ça pour se marier !








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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Lun 18 Juil - 16:02



« Ayez vos yeux bien ouverts avant de vous marier »



La nuit porte conseil. Du moins, c'est ce que l'on disait. Était-il nécessaire de préciser que c'était uniquement le cas lorsque nous étions portés par les bras de Morphée ? S'il y avait bien une nuit pendant laquelle Marianne aurait souhaité ne serait-ce qu'une petite heure de sommeil, ce fut bien celle-ci. Allongée dans on lit, les bras derrière la tête, elle avait regardé le plafond, essayant de s'imaginer la journée qui n'allait pas tarder à arriver. La source de lumière de la pièce était un rayon de soleil qui avait réussi à se faufiler. La bougie sur la table de nuit s'était éteinte toute seule, consommée depuis maintenant plusieurs heures. Sa journée passée avait pourtant été fatiguante, mais rien à faire, ses paupières refusaient de se refermer. Nul stress ne se faisait sentir, cependant, ni même un certain empressement pour voir réellement son fiancé. Peut-être de l'intimidation... ? Comment est-ce qu'une femme qui savait se battre avec une épée pouvait être intimidée par un simple Lord, hum ? Sans doute parce qu'il jouerait un rôle important dans son futur. Un futur bien plus proche qu'elle n'y songeait, car cette rencontre déterminerait sans doute ses pensées envers Guildford Fleming. Positives ou négatives ? Nous verrons. Un soupire gonfla, puis dégonfla son ventre, sur laquelle une de ses mains venait de se poser. Pourquoi prendre avec tant de difficultés quelque chose qui paraissait si simple ? Ce n'est quand même pas comme si elle jouait sa vie ! Qu'elle croyait...

Ce qui semblait être un couple d'oiseau vint chanter à sa fenêtre. Pendant quelques minutes, miss Foster se perdit à les regarder, souriant presque. Tout était si simple pour eux. Ils pouvaient aller là où ils le souhaitaient, trouvaient facilement de la nourriture, n'avaient d'impôts à payer, et ils étaient là, à chanter... Si la réincarnation existe, c'est certainement en oiseau que se porterait le choix de la jeune femme. Un bruit de porte émanant de la chambre d'à côté les firent s'envoler, certainement par peur, bien que le bois n'ait pas été claqué violemment. C'était certainement son père, qui venait de se réveiller. Elle n'avait pas eu l'impression que la nuit soit passée lentement, et encore moins rapidement. En fait, Marianne aurait préféré la première option. Plus elle sera éloignée de cette après-midi, et mieux ça sera. À croire que le temps en avait décidé autrement. Elle ne savait pas quelle heure il était, mais peu lui importait qu'il soit ou tard. Le sommeil n'avait pas eu envie de la gagner cette nuit, alors pourquoi apparaîtrait-il soudainement ?
Se levant sans grande difficulté, la demoiselle posa ses pieds sur le parquet et passa une main dans ses cheveux, histoire de ne pas les avoir devant le visage. Nouveau soupire, qui ne sera pas le dernier de la journée, loin de là, si vous voulez mon avis. Elle se mit enfin sur ses deux jambes, prit la peine d'ouvrir les volets. Bizarrement, la lumière du jour ne lui piqua pas les yeux, mais lui fit du bien, comme s'il lui redonnait de l'énergie après la longue nuit blanche qu'elle venait de passer. Dehors, le village était déjà en animation, comme toujours pour un village essentiellement constitué de paysans travaillant la terre ou possédant du bétail. Mais inutile de rêver encore : avant de se rendre au manoir des Fleming, Marianne devait aider son père à nettoyer un peu le leur. Pas la peine de bien s'habiller, une simple robe suffirait, avec les tas de poussières dont elle risquait d'être recouverte...

La matinée se déroula sur ce modèle-là : balayage du sol, passage de torchon sur les quelques objets recouvert de cette fine couche grise, lavage de linge qui fut ensuite étendu dehors... Tout un programme qui permit d'avancer dans la journée sans que la miss ne s'en rende vraiment compte. Et alors qu'elle s'assit sur le fauteuil, elle se rendit compte que leur petit nettoyage de printemps avait prit plus de temps qu'il n'était prévu. Ne prenant pas le temps de prendre son souffle, elle remonta de sa chambre et entreprit de se préparer pour le reste de la journée à venir. Lorsqu'elle descendit, Marianne était propre et revêtu d'une veste rouge ainsi que d'une jupe/pantalon marron (ici), afin d'être à l'aise pour se rendre jusque dans la banlieue Londres. Remarquez qu'elle venait de faire un effort pour bien paraître devant Lord Fleming. C'était la moindre des choses, me direz vous. Cependant, la demoiselle Foster n'avait pas pour habitude de mettre sur elle des vêtement aussi riches. Enfin, riches... Tout était relatif. Il est certain que pour un noble, ce genre d'accoutrement n'avait rien de bien riche. Mais peu importe.


-Marianne, attends !

Alors que ladite Marianne allait partir, son père lui apporta un chapeau, de la même couleur que sa veste, qu'il posa sur ses cheveux légèrement bouclés. Comme si ce petit bout de tissu pouvait faire toute la différence... Il fallait cependant avouer qu'il lui allait à ravir. Un sourire sympathisant lui fut adressé, alors qu'il lui donna un baiser sur le front.

-Vous savez que je m'y rends uniquement pour vous faire plaisir.

-Alors, ne me déçoit pas.

Un nouvel échange de sourire et se dirigea vers un cheval qu'une de ses amies avait bien voulu lui prêter pour se rendre à la capitale. Le lord avait vu juste : sa fiancée ne viendrait pas en carrosse. Trop riche. Trop... Voyant. Ce n'était pas non plus le moyen de transport préférée de la miss, qui préférait profiter du grand air au dos de cet animal qu'elle appréciait. Elle lui donna une petite tape avec son pied et les voilà partit dans une marche ni trop lente, ni trop rapide, histoire d'arriver ni trop en avance, ni trop en retard. En gros, ils y allaient à un rythme parfait. En chemin, elle rencontra un groupe d'enfants semblant s'amuser avec des bâtons de bois ; leurs vêtements témoignaient de leur pauvreté. Ni une, ni deux, il leur fut donné deux pièces d'or à chacun. La sourire et le regard brillant qui illumina leurs yeux donna de la joie à la jeune femme. Au moins, elle aurait fait sa bonne action de la journée. Cependant, plus elle avançait et plus un point dans le ventre s'installa. Il n'est pas trop tard pour faire demi-tour... Non ! Cela serait mal venu de ne pas venir à une invitation, surtout lorsque cette dernière pouvait l'avérer utile pour ses futurs décisions. De plus, elle ne voulait pas décevoir les attentes de son père, qui comptait énormément sur sa fille pour faire bonne figure. Et s'il avait accepté ce mariage uniquement pour la fortune qu'il y aurait derrière tout ça ? Bah, il savait que, de toute manière, l'argent n'était pas ce qui intéressait sa progéniture quant au choix de son mari. Pourtant, cet après-midi, elle aurait tout le loisir d'observer les richesses de Guildford.

Ce fut avec le cœur lourd qu'elle posa son pied sur le sol terreux, une fois arrivé au manoir des Fleming. Ses yeux balayèrent chaque partie de la façade et déjà, elle pu s'imaginer comment allait être l'intérieur. On s'occupa de son destrier et on la guida à travers la demeure jusqu'à une pièce ou se trouvait une table, et à celle-ci, le maître des lieux. Sans attendre, Marianne fit le geste que toute bonne fille se devait d'apprendre très jeune : la révérence.


-My Lord.

Le ton de sa voix était incroyablement neutre, bien qu'au fond d'elle (et sans savoir exactement pourquoi), elle tremblait. Sans doute de pénétrer dans l'inconnu...

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Sam 23 Juil - 10:33

Le regard du britannique se posa sur le visage de Marianne, tandis que simultanément, alors qu’elle entrait, Gui se levait afin de la saluer. Et ainsi débuta leur histoire. Oh, je devine déjà ce que vous aller me répondre, à corps et à cris, ou avec un peu plus de diplomatie : les véritables histoires ne débutent pas ainsi, il faut plus de temps, afin de vraiment savoir si un lien se créait, ou si au contraire les deux destinées mises en présence se révélaient incapables de se lier d’une quelconque manière que ce fût. Qu’il ne faut pas parler trop vite de relation hors d’un simple cadre conventionnel, au risque de s’emporter, de se tromper, d’idéaliser quelque chose qui au final se révèlerait d’une banalité décevante, mais elle au moins bien réelle. Cependant, voyons les choses sous un autre angle, et offrons aux premières rencontres une toute nouvelle valeur. Car enfin, même si rien n’advenait jamais entre le Lord et la jeune bourgeoise, leurs vies ne seraient plus jamais tout à fait les mêmes, un nouvel être venant de se révéler à eux, de s’extirper de l’anonymat où s’engluait le reste du l’humanité pour imprimer à jamais une marque dans leurs mémoires respectives. Quoi qu’il advienne, tout avait déjà commencé, bien avant que leurs yeux ne se croisent.

La première chose que Guildford remarqua chez elle fut la couleur de ses pupilles, d’une teinte aussi claire que les siennes, pleine de vivacité, et en même temps témoignant de la bonne impression que leur propriétaire cherchait à produire. Y lire semblait aisé, pour peu qu’on puisse y plonger durant un long moment. Le rouge de ses vêtements soulignait d’ailleurs ce bleu limpide, vivifiant chez la demoiselle, alors que trop glacial en son propre faciès. Teint de pêche, lèvres fines et rosées, pour un visage harmonieux, doux, un brin craintif, mais animé par cette force vitale palpitant au creux de son cœur. Dans les bois, Fleming n’avait pu contempler sa silhouette en sa globalité, au fil de ses mouvements de jouteuse avertie. Rien ne valait cependant un examen de près, la découverte de ses traits. Il l’admettait sans mal, Marianne était une jolie jeune femme, d’un charme simple, dénué des fioritures repoussantes car par trop exubérantes et surfaites des autres dames de la Cour. Elle était elle, tout simplement, sans efforts de tromperie ou d’enjolivement factice. Sans supputer de la part de miss Foster une aspiration à l’honnêteté, ou bien le secret espoir de lui déplaire par une si légère mise en scène de sa personne, l’anglais jugea l’allure de son hôte tout à fait satisfaisante, nous laissant dramatiquement sur notre faim d’amour soudain contre lequel il n’aurait pu lutter. Marianne, tout en partageant avec son fiancé le goût pour les armes et leur science, devenait à présent une belle chose à accrocher à son bras, qu’il pourrait présenter aux siens, à ses amis, à ses connaissances, à Sa Majesté, sans avoir à éprouver une quelconque gêne, un semblant d’encombrement inopportun. Un second point positif, auprès duquel la découverte plus avant du caractère de la jeune femme ne serait qu’une étape minime, voire secondaire, le principal ayant d’ores et déjà été étudié et validé. Quand romance rimait avec commerce…


-Mademoiselle Foster, la salua Gui en retour, employant le même ton formel, tout en inclinant légèrement le buste.

Si son hôte éprouvait quelque gêne, le sang bleu affichait quant à lui une assurance omnipotente de maître des lieux. Il s’agissait de son univers, des règles de son jeu, approuvées par le père qui aurait dû se trouver là, mais qui, par grande confiance ou oubli, ne s’était pas présenté. À la suite de Marianne, nulle gouvernante ou amie pour s’assurer que rien d’amoral ne serait commis. Une entorse aux règles qui ne le fit point déprécier cette rencontre, et encore moins songer à repousser cette dernière à une date ultérieure, lorsque Mr Foster se connaîtrait enfin dans son entourage une personne digne de son crédit, et à laquelle confier sa fille. Cependant, et après tout, celui qui la recevait nourrissait bien de sombres projets… Mais pas à son endroit. Il n’y avait donc aucun mouron à se faire, du côté de la demoiselle abandonnée à elle-même, autant que de celui des moralisateurs prudes aux exigences plus pointues que des lames de rasoir.

Lorsqu’il reposa les yeux sur elle, Guildford s’attarda sur les vêtements de sa vis-à-vis, sans insistance ni curiosité mal placée, notant simplement leur âge, décelable malgré le soin avec lequel on les avait préservés de l’usure. L’état financier des siens ne lui était point inconnu, source de nombreuses critiques à demi-tues s’étant élevée contre l’annonce de leur mariage. Un Lord, épouser une fille de rien, une désargentée vivant à la campagne ! Dieu seul savait comment ces langues de vipère avaient pu découvrir le marché conclu entre les deux hommes, mais cela avait fini par se savoir, hors de leur sphère pourtant si fermée. Non pas que les bruits circulant parmi les courtisans l’importassent… Mais Fleming, d’un caractère pourtant taciturne, s’emportait aisément lorsqu’on le cherchait suffisamment, si bien qu’afin d’éviter toute nouvelle rixe –bien qu’une échauffourée au nom de la belle aurait été d’un romantique-, l’aristocrate nota mentalement de commander pour sa fiancée plusieurs robes dignes du titre de Lady qu’elle acquerrait bientôt, en tissus de prix, parfaitement coupées, agrémentées de bijoux plus étincelants les uns que les autres. Le luxe qui déferlerait dans sa vie, et auquel elle n’était certainement pas habituée, deviendrait un élément de son quotidien, une autre nouveauté annonçant la nouvelle vie qui serait la sienne. Il suffirait que Gui prévienne son tailleur attitré. Rien de plus facile, que de bouleverser une existence.


-Je vous en prie, repartit le Lord en lui indiquant du plat de la main le siège le plus proche du sien, une de ces chaises à haut dossier à l’air impérial rendant grave toute réunion, même la plus informelle.

Le bois, finement ouvragé en un semblant de dentelle gothique, ressemblait un peu aux flèches d’une cathédrale, merveille de granit qui les accueillerait un jour tous deux, à genoux devant l’autel, leurs alliances luisantes dans le reflet des flammes des chandeliers…

Une fois installés, le bien né empêcha tout nouveau silence de s’installer entre eux en débutant lui-même la conversation censées les amener à mieux se connaître l’un l’autre. Un exercice presque factice, mais enfin, la réputation de Marianne était telle qu’il fallait bien cela afin d’éviter toute fugue intempestive ou dérapage lorsque toute l’incroyable machinerie aboutissant à la cérémonie des noces ne soit mise en branle. Un colérique et une incorrigible rebelle, l’ensemble risquait fort de vite devenir chaotique…


-Vous n’êtes point sans ignorer mon identité, ainsi que l’entente que monsieur votre père et moi-même avons trouvé à votre endroit.

Inutile de revenir là-dessus. Tout avait été calculé, agencé, retranscrit par écrit sous la forme d’un contrat et signé par les deux partis en présence, à savoir Guildford et Richard Foster, en sa qualité de chef de famille. Un document plus ou moins officiel engageant chacun à ne pas se rétracter impunément… Seule inconnue de l’équation, l’anglaise recélait une part de risque qu’il faudrait, sinon dissiper, mesurer au plus précis afin de mieux la convaincre de devenir sienne.

-Je suppute que vous nourrissez quelques interrogations…

La fin de sa phrase, quelque peu trainante, enjoignait son interlocutrice à parler sans crainte ; au moins son fiancé concevait-il qu’une telle nouvelle, celle de son union prochaine avec un inconnu organisée dans le secret le plus total, pouvait éventuellement l’effrayer. La rebuter ? Oh, voyons, qui refuserait de refaire sa vie auprès d’un noble fortuné ne lui demandant rien de plus que de porter son patronyme… ?
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Dim 24 Juil - 15:59

Alors, cette fois, ça y était, n'est-ce pas ? Les premiers regards étaient lancés, les premiers mots étaient échangés. Il devenait difficile de faire marche arrière ; maintenant, ils ne pourraient plus dire qu'ils étaient inconnus l'un à l'autre. De physique, certes, mais toujours de caractère. Même si l'apparence pouvait quelquefois (et même très souvent) séduire, rien n'était plus important que l'intérieur du personnage. Grâce à cette observation, on définissait les connaissances positives ou négatives, nos amis et nos ennemis, ainsi que les personnes chéries. Il arrive que dans un simple regard, on puisse y lire de nombreuses choses sur le nouvel être rencontré : ses sentiments et son état d'esprit en faisaient partis. Cependant, rien ne valait un véritable échange de paroles ayant pour but d'en découvrir un peu plus l'autre, si ce n'est totalement. L'apparence pouvait être trompeuse, on ne le disait jamais assez. Et pourtant, bon nombre de personnes s'accrochaient uniquement à cette partie de l'être humain, la plus visible, celle ne nécessitant aucune recherche. Vouloir la facilité. Un vice humain, mais qui semblait presque appartenir à la case vertus tellement le commun des mortels ne s'en passait jamais. C'était avant tout pour cette raison que Marianne s'était rendue en ces lieux : découvrir ces deux cases constituants une bonne partie de son fiancé imposé, sans faire attention plus que cela à son physique.

Malgré cet objectif bien précis, la jeune femme ne parvint pas à s'empêcher de détailler Lord Fleming, tandis que celui-ci s'approchait d'elle d'une démarche assurée. En entrant dans la vaste salle, la chose qu'elle ne pu qu'observer était la richesse de ses habits. La dernière fois que la miss avait pu voir son père ainsi vêtu datait de bien longtemps... Elle était cependant convaincue que ceux de Guildford étaient bien plus riches que tout ce qu'il avait pu se payer dans le passé. Et si on devait comparer ces jeunes gens, hé bien je dirais simplement que l'écart entre leur rang respectif se faisait sentir rien que par leurs vêtements et leur façon de se tenir. Lui se tenait droit et déterminé. Elle tentait de faire bonne figure, mais sa gêne se sentait beaucoup trop dans l'inclinaison de sa tête : légèrement baissé. Marianne ne quitta pas pour autant du regard le maître de ces lieux, mais l'on sentait parfaitement que sa « puissance » pesait de tout son poids sur son corps frêle. Les épaules, ainsi que la carrure de cet homme faisait de lui un personnage important. Et ne parlons pas de ces yeux ! Ils étaient, certes, aussi clairs que les siens, mais possédaient un certain pouvoir d'intimidation. Pour dire vrai, la bourgeoise ne s'était jamais vraiment trouvé aussi proche d'un noble, si ce n'est la duchesse de Devonshire (pouvait-on seulement la comparer avec le Lord ?). Les êtres humains qu'elle côtoyait d'ordinaire étaient des pauvres gens de Landscape ou bien des amis de son père, venant de temps à autre dîner chez eux. Alors oui, elle était impressionnée part ce qu'il était, part ce qu'il imposait en sa simple présence. Et dire qu'elle songea à cet instant que son hôte d'un après-midi serait bientôt son conjoint pour les années à venir... Cela lui donna presque la chair de poule. Elle semblait si fragile et si... Petite. Le bien né mesurait au moins une bonne tête de plus qu'elle et c'est à peine si elle devait lever les yeux pour bien cerner son visage si bien dessiné.

Sans se faire prier deux fois, miss Foster alla s'installer à la lourde chaise que lui montra son interlocuteur, sans dire ne serait-ce qu'un mot. Durant ce court trajet de quelques pas, elle en profita pour regarder un peu plus ce qui l'entourait. Ce monde auquel elle appartiendrait peut-être et auquel il faudra s'habituer. Tout ici était si... Grand. Que ce soit la table, les sièges entourant cette dernière, ou bien la pièce en elle-même. Tout était également tellement riche ! Ils ne se trouvaient cependant que dans un manoir, comme la famille Foster en possédait un, mais à croire que les rangs de la hiérarchie de cette société jouait une fois encore. Celui dans lequel Marianne et son père vivait était beaucoup plus... Étroit. Assez grand pour accueillir trois personnes, trop petits pour y mettre en exposition tellement de richesse. D'ailleurs, à quoi cela aurait-il servi ? Toutes leurs richesses étaient passées aux mains des Huissiers de Justices sans crier gare. Ils n'avaient maintenant en leur possession que de vieux meubles quelques peu usés par le temps, mais qui servaient toujours. À quoi bon s'entourer de luxe quand des objets simples peuvent facilement faire l'affaire... Cependant, c'est dans ce luxe que vivra la brunette. Là, dans cet univers si différent du sien ! Sans doute cela pouvait paraître bizarre ; au fur et à mesure que les minutes passaient, elle se rendait compte à quel point son changement de situation allait être brutal et rapide. Maintenant, elle comprenait mieux pourquoi son cher paternel avait insisté afin que sa fille se rende à cette invitation, et pas uniquement pour avoir en face de soit son futur époux. Voir aujourd'hui dans quoi on l'avait engagé sans lui demander son avis serait en quelque sorte un avant goût de ce qui l'attendrait dans quelques temps. Ou une mise en garde ? Elle ne put que féliciter mentalement l'initiative de son père et se demander pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt, au lieu de voir dans cette entrevue qu'un intérêt de se connaître tous les deux.

Ce n'était cependant pas le temps de partir dans des pensées lointaines, cherchant le pourquoi du comment. Lord Fleming venait d'engager la conversation et sa réputation de « bagarreur des tavernes » pouvait assurer que si la demoiselle prenait un mal fou à parler en sa présence, cela l'énervera. Dans un sens, si elle le faisait, somme doute se détourna-t-il légèrement d'elle... Mauvaise idée. Marianne avait promis à son père qu'elle ne le décevrait pas et elle tiendra sa parole. De plus, qu'avait-elle à perdre ? Le coup de foudre, elle n'y croyait pas, mais découvrir ce qui se cachait derrière cette masse de cheveux noirs ne s'avérait pas être une torture pour autant. Somme toute trouverait-elle quelque chose de positif en lui, si ce n'est plusieurs choses. Si la belle était toujours célibataire et non en couple comme la majorité des femmes de son âge, c'était simplement parce qu'elle considérait le mariage comme quelque chose de sérieux. À quoi bon se lier à quelqu'un jusqu'à ce que la mort les sépare si c'est pour jouer le rôle d'objet que l'on pavane partout... ? Elle ne voulait pas être comme ses femmes à qui on impose un mari et pour qui la vie devient un véritable supplice, car devant se plier aux règles et aux ordres dictés par le chef de famille. Il n'était pas non plus envisageable pour elle de se voir marier et après être délaissé tel un chiffon sale et inutile... Non, ce que souhaitait la britannique n'était rien d'autre qu'un mariage sincère et heureux, sans quoi la liste de blasphème et d'actes contre les règles de cette époque risquerait de s'agrandir. Cacher sa vraie nature, à quoi bon, lorsque l'on est soit-même caché par la supériorité du sexe dit « supérieur », justement ? A l'annonce de la décision qu'avait pris Richard Foster, on ne peut pas dire que sa cadette en soit réjouie... De plus, bon nombre de questions s'étaient posées dans son esprit, sans qu'elle ose réellement le demander au vieillard : était-il apparut avec l'envie de la rendre heureuse, ou bien avait-il demandé son accord simplement pour remplir ses devoirs de bon sujet du roi Henri VIII ? Ce genre de demande était délicate à dire, si bien que la miss s'en passera pour aujourd'hui. Qui sait, au fil de leur conversation, peut-être découvrira-t-elle les réponses ?

Ses mains se posant sur la table de bois, Marianne leva ses yeux gris en direction de Guildford. Sa confiance semblait être revenue, si l'on en jugeait par l'air détaché qu'elle dégageait timidement.


-En effet, j'en aurais quelques-unes à vous soumettre.

Et pas des moins importantes...
Ne pensez pas qu'elle avait dressée une liste, loin de là, nous ne sommes pas dans un interrogatoire. Cependant, s'il y avait bien quelque chose qui la chiffonnait depuis tout ce temps, c'était bien ceci :


-Je ne crois pas avoir eu le souvenir de votre visage jusqu'ici alors..., entama la miss, marquant une légère pause durant laquelle elle déglutit. Comment avez-vous pu me connaître et surtout comment avez-vous fait pour en savoir autant sur moi ?

A savoir le lieu où elle habitait, comment elle s'appelait et quelle était sa condition. Tel un véritable Sherlock Holmes, il avait certainement mené son enquête, à son grand déplaisir. Après tout, disons-nous que c'est pour la bonne cause et non pour des intentions mal honnêtes envers son humble personne.
Il y avait cependant un autre élément qui traînait dans son esprit, et ce depuis que des rumeurs avaient commencés à circuler à Londres sur le mariage de Fleming. Autant tout mettre à plat, maintenant qu'elle était lancée, vous ne pensez pas ?


-Enfin... Pourquoi avoir choisi une simple bourgeoise alors qu'un nombre conséquent de Dames n'aurait attendu que votre demande ?

Tiens... Serait-ce un sous-entendu signifiant clairement que l'anglais avait un certain charme ? Sans doute, mais nous le saurons certainement jamais. Du moins pas maintenant, Marianne ne l'avouerait pas, même si c'était vrai. Cette dernière venait, de plus, de marquer les intentions sur un sujet ma foi assez sensibles : leurs différences, tout au plus celles que les plus grandes dames de ce monde pouvait voir et déduire grâce à leur cervelle des moins développées.
Sur le coup, elle s'imagina, au bras de Gui, dans une somptueuse robe, entourés de ces femmes avides de pouvoir et de richesse. Dans son flash de quelques secondes, elle vit leur visage désespéré, un brin outrées. Intérieurement, elle sourit. Que cela devait être bon, si délectant de les voir ainsi, incapables de croire qu'un lord se soit marié avec une bourgeoise sans grande fortune derrière elle... Rien que pour les voir et pour sentir cette fierté, Foster n'aurait pas dit non à cette union ! Toutefois, étant une femme de principes (et assez têtue dans son genre), il en serait autrement. Dommage, lui qui semblait si enclin à partager le reste de sa vie en sa compagnie. Il ne s'agirait pas de convaincre, mais de persuader. Tout ce qu'on pouvait souhaiter au Lord n'était autre qu'un « bonne chance ! ».

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Ven 12 Aoû - 13:42


« Souvent je ne sais quoi, qu’on ne peut exprimer,
Nous surprend, nous emporte et nous force à aimer. »
- Corneille, Médée, II, 16



Ces questions, Gui les avaient pressenties bien avant que les mots les composant ne résonnent à ses oreilles. Oui, il s’agissait de questionnements justes, censés, que n’importe qui en sa position auraient formulés avant toute chose. Elle ne semblait point céder à une quelconque angoisse ni émotion, méthodique, sans donner l’impression d’être un animal aux abois guettant la moindre occasion de s’élancer vers la sortie. Ce que l’on disait de la demoiselle était-il donc erroné ? Sa fougue se serait-elle rangée à l’idée de sauver son géniteur de la misère en acceptant de dépasser l’indifférence équivalant presque à de la répugnance qu’elle ne devait pas manquer d’éprouver à son endroit ? La savoir si raisonnable ne pourrait que convenir au Lord, pour qui une affaire rondement menée ne pouvait qu’être une bonne affaire. Dans trois jours, les présents, rituel obligatoire mais pour le moins important, car révélant, outre une nouvelle fois l’aisance de leurs commanditaires, le bon goût de celui-ci, ainsi que de son affection –comprenez son intéressement quant à un mariage rapide et sans histoire- mesurable aux parements des robes et aux pierres des colliers. Et dans un ou deux mois, l’annonce véritablement officielle, assez cérémonieuse pour clouer le bec à tous les beaux parleurs entrevoyant déjà une rupture pour ce couple étrangement apparié, lors d’une réception cela allait de soi, en petit comité ou plus large éventail d’hôte selon l’humeur du bien né. L’hymen à proprement parler ? Un peu de tempérance, n’allons pas trop vite en besogne. Après tout, Marianne n’avait pas encore clairement donné son consentement. Rusée comme la renarde, cette discussion ne ferait peut-être étoffe que d’un simulacre tâchant de complaire autant que possible leurs deux camps tout en tirant finement son épingle du jeu. Une adresse qui pouvait se montrer admirable… Quoi que n’entrant nullement dans les arrêtés du noble, d’où, pour une fois, sa non-appréciation de semblable force de caractère.

Lui mentir n’aurait rien apporté de réellement concret. D’autres aspects de son futur conjoint avaient autrement plus intérêt à lui être voilées, voire mis irrémédiablement sous clef afin de préserver cette tranquillité de couple qui leur servirait de bonheur conjugal pour le reste de leur vie commune. Ainsi, marquant sa réplique d’un léger mouvement de la tête, en signe d’approbation auguste quant à cette première incursion en son passé.


-Judicieux questionnement que le vôtre, mademoiselle, lui signifia-t-il avant toute chose, lui indiquant ainsi qu’elle n’entrait pas en un domaine sensible où il n’aurait mieux valu ne pas s’aventurer.

Au dehors, un rayon de soleil frappa les carreaux, doux éclair s’inscrivant en une raie où d’infimes particules valsaient sans se préoccuper du reste. Gui plissa un instant les paupières, acclimatant sa rétine fragilisée par un iris d’une teinte si pâle : le vert des feuillages à l’extérieur se précisa, le blanc l’ayant auréolé quelques secondes s’estompant au profit des détails autant que des couleurs. Ça c’était passé comme cela, tant de semaines auparavant. Evitant de tomber en une nostalgie nullement justifiée, Fleming inspira doucement avant de reposer les yeux sur son hôte, et de débuter son récit :


-Je vous ai vue pour la première fois au cœur de la forêt jouxtant ce petit bourg nommé Landscape, près duquel vous et votre père résidez.

Au son de sa voix, on ne percevait la remontée d’aucune réminiscence particulière ; il ne s’agissait-là que d’un déroulement logique, sans états d’âme, sans les fioritures que l’on aurait pu attendre de la part d’un homme narrant les premiers instants de ce qui serait le début du restant de sa vie. Cela les aurait mis mal à l’aise tous deux, voyez-vous. Sombrer dans le sentimentalisme ne lui semblait pas une clef adéquate afin de s’ouvrir le cœur, sinon au moins accéder à l’accord de la bourgeoise, sans compter que ce genre de banalité affligeante ne lui plaisait guère. Si autrui le disait bagarreur, ciel, on oubliait alors de le dire privé de toute émotion, aussi sec et pragmatique que les pierres d’une église. Une facette peu en adéquation avec le tempérament de feu le faisant craindre dans bon nombre de bouges londoniens… Entre braise et glace, voilà toute la difficulté pour le définir. Ou tout simplement trouver de quoi l’apprécier.

-Lors d’une chasse à cour, je menais ma monture au hasard des sentiers, lorsque je vous surpris, vous et votre maître d’armes, au cours d’une séance d’entraînement.

C’avait été le son si caractéristique des lames se heurtant avant de fendre à nouveau l’air avec un feulement animal qui avait alerté la conscience de ce combattant chevronné. Cédant à sa curiosité, bien que les attaques de bandits à l’extérieur de la capitale continue de se perpétrer, le bien né avait orienté son cheval dans la direction d’où parvenait la mélodie des aciers en contact… Dresser la liste des suppositions quant à l’origine de ce fracas dérangeant le calme paisible des bois n’aurait su égaler la singularité de ce qui attendrait Fleming. Quant à ce qu’il ressentit alors, tandis que sous ses yeux qu’une jeune femme s’acharnait contre un homme en armure qui lui prodiguait conseils tout en parant ses attaques… ça ne pouvait être raconté, car cela n’appartenait qu’à lui. Et même si ça n’avait été qu’un peu de surprise, suivi de petits riens, ou bien le grondement de la foudre tombant de la plus discrète manière qui soit, il s’agissait d’un secret, voilà tout.

-Restant à distance, je suivis durant quelques minutes vos exercice, avant de tourner bride et de rentrer à Londres.

Dit comme cela, il était certain que ça n’avait rien eu d’agréable, autant pour l’épiée que pour l’observateur. Ça n’avait même rien de touchant, ou même d’interpelant. C’était ce qui s’était passé, ce sur quoi ni elle ni lui ne pourrait jamais revenir. Moments à chérir ou à haïr, ils se trouvaient là, ineffaçables, encore si nets dans la mémoire du Lord. Bien hardi celui qui dirait qu’entre deux estocs, Marianne avait senti son existence basculer, alors que dans l’esprit de l’anglais naissait à peine un germe d’intérêt pour elle.

Les avant-bras apposés sur les accoudoirs de son fauteuil, toujours aussi neutre, Gui déplia néanmoins les doigts de la main droite en un geste de détachement, balayant la suite de ces propos comme broutilles relativement inintéressantes, quoi que continuant à satisfaire la curiosité de la miss.


-Par la suite, il me fut assez aisé de connaître votre nom, compte-tenu du fait que fort peu de gentes dames peuvent se vanter de pratiquer assidument l’escrime.

Une véritable petite enquête avait été menée qui, sans le concours du Duc de Devonshire, n’aurait certainement abouti que bien longtemps après. La diligence avec laquelle Guildford avait voulu tout savoir de cette mystérieuse inconnue avait trouvé en le zèle de son ami un secours plus que profitable, les liens qu’entretenait William et ce monde huppé peu apprécié du Lord le rendant au fait des moindres commérages. Malheureusement, ce fut le triste sort de la famille Foster qui leur permit de mettre un nom sur le joli visage de la belle… Celle-ci se voyait retrouvée, et le britannique n’avait vu que cela. Comme il ne manquerait pas de le lui apprendre, à elle qui déjà commençait à craindre de ne pas pouvoir être à la hauteur face aux comtesses et autres dames du grand monde.

-Nombreuses furent les occasions, ainsi que les déceptions. Je n’ai pas coutume de prêter oreilles aux on-dit concernant la naissance de chacun, et me fis pleinement à leurs actes, ce qui discrédita bon nombre de celles dont vous vous souciez. Vos talents avaient parlé d’eux-mêmes, bien qu’inhabituels de la part d’une jeune personne de bonne famille.

N’était-ce pas d’une grandeur d’âme estimable que de fermer les yeux sur la faillite de son paternel, ne considérant dans son choix que ses qualités ? Aussi horrible que soit cet arrangement secret, ces tractations, cette fouille dans la vie de sa vis-à-vis avant même de savoir s’il désirait la revoir, il restait au moins ça, cette indifférence opposée à tout ce que la Cour dirait ou entreprendrait afin de lui faire déprécier Marianne. Si tout cela ne démarrait pas de façon fort merveilleuse, au moins cela avait une chance d’aller en s’améliorant.

-Quoi qu’il en soit, soyez pleinement assurée que mes intentions sont louables, et entièrement motivées par mon entendement.

Inutile que sa fiancée se mette en tête qu’elle n’était qu’une passade, un amusement pour passer le temps et qui prendrait fin bien vite. Non, ce mariage aurait bien lieu, devant un prêtre et tous les témoins nécessaires ; plus véritable que cela, ça n’existait pas, bien que les faits rapportés par Fleming soient assez incroyables pour penser le contraire et laisser soupçonner une anguille sous roche. L’honneur de la demoiselle n’aurait à souffrir d’aucune tromperie ni intérêt vénal de la part de son interlocuteur, si tant est qu’on ne nomme pas par le terme de « machination » l’acquisition presque au hasard d’une personne afin d’éloigner de bien justifiés soupçons royaux. Après tout, tant de gentilshommes promettaient monts et merveilles aux délicieuses créatures dont ils ne convoitaient les charmes que pour quelques nuits ! Voilà au moins un défaut que les détracteurs du Lord ne pourraient lui attribuer, encore que les récits sulfureux ayant d’ores et déjà enjoint Marianne et se défier de lui aient déjà commis bien des dégâts.

Un mince sourire parvint néanmoins à troubler le stoïcisme affiché de l’aristocrate ; sans doute lui aussi avait-il songé que les derniers propos de la miss possédaient un double-sens valant presque, avec un peu d’imagination, un compliment décerné peut-être inconsciemment, ou éventuellement de manière feutrée, afin qu’il ne trouve point cela osé, ni ne conçoive quelques idées trop entreprenantes.


-Voilà de bien hardies suppositions, mademoiselle… Votre avis sur la Cour semble fort aiguisé malgré votre éloignement de cette dernière.

Cela n’avait rien d’une pique, même bien innocente. Une simple observation qui aurait suffit à en remettre plus d’une à sa place, mais qui ici sonnait plus avec un certain… Amusement, dirons-nous. Découvrir tout le sel que le tempérament de son invitée pouvait mettre dans un échange se révélait attrayant, plus même sans doute que toutes ses autres caractéristiques composant le caractère de Marianne. Si cette dernière le prenait mal, ou répondait avec esprit, ma foi, Gui saurait alors avec une certitude presque parfaite jusqu’à quel point ils pouvaient se ressembler lorsqu’on tentait de les faire sortir de leurs gonds. Deux emportés dans la même pièce, et même à deux doigts de se marier, une preuve flagrante que qui se ressemble s’assemble ! Aux vues de la légère expression de récréation animant le regard du bien né, ce dernier n’attendait pas moins de sa promise qu’un coup d’éclat verbal digne de lui montrer à quel point ses manières frondeuses le changeraient des petites choses fragiles autrefois abordées.
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Mer 31 Aoû - 9:23

Dans sa tête, Marianne s'était rapidement passée plusieurs scénarios dans lesquels son hôte d'un après-midi aurait pu la voir sans qu'elle ne le remarque. La remarquer dans une rue de Londres entrait en tête de cette liste, car étant un début des plus plausible. Sauf que la capitale regorgeait un nombre exorbitant de chemins principaux ou non. Se croiser dans un même endroit au même moment était du pur et simple hasard, ce qui l'amena à une autre hypothèse : le bouche-à-oreille. Les activités de la jeune femme n'étaient pas méconnues dans certains coins de Londres, notamment des commerçants ambulants qu'elle venait régulièrement voir afin qu'il puisse faire quelque chose pour les habitants de Landscape. Les plus hostiles à sa cause la rejetait en faisant passer le mot aux autres, les plus compatissants la guidaient vers des gens capables de la soutenir. S'il l'avait connu par les échanges entre ces joyeux compères, il ne se serait pas intéressé à elle au point de chercher le plus d'informations possible sur son compte. Même en ne le connaissant pas, elle était presque sûre que Guildford n'avait pas le caractère d'entraide similaire à celui qu'il avait choisi pour être sa future épouse. Un point allant à l'encontre d'une appréciation négative envers lui ? La demoiselle n'était pas dupe : personne ne partageait ses convictions, sinon peu. Le blâmer là-dessus serait un poil ridicule ; autant s'en prendre également à tous les autres, à la terre entière ! Combattre seule n'était cependant pas la meilleure des solutions. Une question se posa néanmoins dans son esprit : si le mariage venait à avoir bien lieu, pourrait-elle continuer ses activités ? Il y à peine quelques jours, elle avait pu rencontre Antanasia de Devonshire. Cette dernière continuait à faire l'aumône au pauvre même si cela devait « gaspiller » la fortune de sa famille. C'était mieux que rien, mais Marianne, elle, allait beaucoup plus loin que donner simplement quelques pièces d'or en offrant également des vivres et même de temps à autres des vêtements. Même si la réponse de son fiancé face à ces actes s'avérait être dépréciative, vous pouvez être assuré qu'elle n'arrêtera pas de si tôt.

Son visage exprima sans grand mal sa surprise, n'aillant jamais pensée qu'il ait pu l'apercevoir lors d'un de ses entraînements. Surtout que, lors de ces moments, miss Foster n'était pas à son avantage, revêtant un costume purement masculin afin de lui permettre plus d'agilité dans ses gestes. Sur le coup, elle repensa à James Malloy, son ancien maître d'arme qu'elle n'avait plus revu depuis un certain temps maintenant. La scène qu'avait pu observer le Lord devait certainement être d'une des dernières séances avant qu'il n'apprenne la mort de sa femme et tombe dans une dépression. Elle avait toujours eu de la peine pour lui. C'était un homme bien qui ne méritait pas de souffrir autant. Dans un coin de sa tête, la brunette se promit d'aller lui rendre visite dès qu'elle le pourrait, dans un futur si possible très proche. Avec Joan qui entrait dans l'équation, elle arriverait certainement à lui redonner le sourire ainsi que sa joie de vivre. N'avait-il pas ses enfants avec lui ? Perdre une personne chère n'était jamais facile, elle avait pu l'observer tout d'abord avec son paternel, et ensuite avec lui.

En fait, savoir que le noble avait trouvé de l'intérêt en elle par le fait qu'elle sache manier les armes ne surprit pas Marianne plus que cela. Un bagarreur invétéré tel que lui ne pouvait que trouver intéressant une femme de caractère. Cependant, beaucoup d'hommes voyaient d'un mauvais oeil les membres du sexe dit faible qui se conduisaient pratiquement comme eux. Après tout, les idées de leur époque distribuait aux femmes le rôle de tenir la maisonnette, de porter les enfants et de s'en occuper, point. Un rôle peu motivant et encore moins distrayant, quand on savait ce que les époux fabriquaient en ville, en bonne compagnie... En se servant d'une épée, l'anglaise souhaitait donner un aspect provoquant de sa personne, elle qui n'était pas partisante du « souris et tais-toi ! » que l'on imposait aux jeunes filles de bonne famille. En appliquant à la lettre ce qu'on leur imposait d'apprendre, elle se rendait stupide et ignorante du monde qui les entourait. Par chance, du fait de leur pauvreté, Marianne n'avait pas été éduqué de cette manière, mais plutôt de façon indépendante. La vie était certainement le meilleur enseignement que l'on pouvait recevoir. Apprendre que le maître des lieux n'avait aucun attachement particulier pour ces femmes candides fut assez agréable à entendre. Il ne ressemblait peut-être pas totalement aux autres, alors...
Cependant, comment lui faire entièrement confiance ? Il pouvait lui faire lune centaine de fois a promesse de ne pas lui jouer de mauvais coups par la suite, un doute persisterait toujours en elle. Des hommes se disant éperdument amoureux de leur compagne pour quelques temps après se retrouver entre les bras d'une autre se comptaient par milliers. Il n'y avait qu'à voir le roi Henry VIII : il en était à sa troisième épouse, sans prendre en compte les multiples maîtresse qui avaient partagé sa couche. Comment être sûr qu'il n'irait pas voir ailleurs, une fois qu'il se serait lassé d'elle, hum ? C'était simple : Gui aurait pu choisir n'importe quelle fille de baron, comte ou autre pour ensuite passer à autre chose. Il ne l'avait pas fait. La première qu'il avait choisie était la jeune fille Foster. Pour qu'il se décide à en faire sa fiancée, c'est qu'il était certain qu'elle ferait une bonne épouse, non ? Il ne semblait rien choisir au hasard ni sur un coup de tête. Sa sincérité était impossible à définir. Somme doute faudra-t-il du temps à la miss pour pouvoir se fixer à ce sujet.

Un sourire se dessina sur ses lèvres, presque amusé, alors qu'elle reprenait de l'assurance au fur et à mesure de leur conversation.


-Vous savez, ces dames ne manquent pas de propager certaines rumeurs là où elles peuvent. Il devient aisé par la suite de se forger sa propre opinion sur ce lieu ainsi que sur les personnes qui le côtoient régulièrement.

Un univers très peu fait pour elle, car beaucoup trop riches et trop remplit de vipères prêtent à vous mordre dès que l'occasion s'y présentait.

A Londres, Marianne se rendait assez fréquemment dans les marchés ou dans d'autres endroits bondés de personnes. Elle y rencontrait bon nombre de gens de la haute société et laissait traîner ses oreilles un peu partout afin d'en savoir un peu plus sur les dernières nouvelles de la capitale. Dans le village où elle vivait, tout mettait du temps à arriver, il était toujours bon de remonter à la source pour être au courant des nouveautés sans avoir une longueur de retard par rapport aux autres. C'est d'ailleurs de cette manière qu'elle a pu apprendre des choses concernant Lord Fleming en toute indiscrétion.


-J'ai d'ailleurs appris vos exploits lors du mariage de sa Majesté. Tout Londres ne parle que de ça, à croire que cet événement fut... Spectaculaire.

Oh, elle le titillait un peu, là. Il est vrai que dans le son de sa voix, on pourrait reconnaître une certaine moquerie à son égard. Ce n'était bien évidemment pas le cas la demoiselle souhaitant simplement faire une sorte de petit test : prendrait-il la grosse tête ou resterait-il indifférent face à cette célébrité de quelques temps ?

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Sam 3 Sep - 16:42


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Pour l’instant, tout s’était déroulé comme si la volonté du Lord s’était substituée à celle de Dieu, sans vouloir nous montrer démesurément vaniteux. Sa révélation avait provoqué chez la demoiselle la réaction escomptée, c’est-à-dire un étonnement bien naturel, compte-tenu de l’incongruité de cette réunion de destins. D’autres en auraient rougi jusqu’aux oreilles, bafouillé une excuse inaudible, au contraire pris cela avec une vanité imprenable se voulant admirablement audacieuse, ou tout simplement fui, désireuses de cacher un secret digne de nuire à leur réputation. Qui aurait aimé voir son jardin secret tombé partiellement entre les mains d’un homme comme Fleming, que l’on présentait comme indélicat au possible, et d’une brutalité sans précédent incapable de ne point abimer les fragiles mystères d’une intimité violée. Autant que précédemment, le calme finit par remporter la partie, et sagement, la jeune femme ne remit pas le sujet sur la table, préférant s’attarder sur un point apte à les occuper des journées entières, à savoir la faune peuplant les couloirs de Whitehall. Dans l’espoir sans doute qu’on n’y revienne pas, tant savoir comment gérer pareille chose relevait de la plus haute difficulté.

Elle avait un joli sourire.
Gui n’aurait pas cru pouvoir s’attarder sur pareils détails, car que sa fiancée soit belle ou non, en fin de compte, si son caractère parvenait à peu près à s’accorder au sien, l’affaire se trouvait dans le sac. Mais c’était comme si chaque nouvelle phrase ou mouvement de la part de miss Foster la plaçait comme tout à fait préparée au rôle qui l’attendait, celui de Lady autant que de compagne. En tout premier lieu, le bien né avait privilégié dans ses choix les femmes dont la naissance et l’éducation servirait au mieux le nom qu’elles porteraient hypothétiquement, mais après quelques conversations, il lui était toujours apparu clairement qu’il ne parviendrait à s’entendre avec elles au point de pouvoir les supporter pour les prochaines décennies à venir. Avec Marianne, Guildford avait tenté une nouvelle approche du problème, et écouté son cœur avant son honneur. Certes, le mot « cœur » est bien trop fort pour être juste ici, alors disons plutôt… Ses goûts. Une inclination fugace qu’il n’avait pas laissé s’échapper. Au risque certes que la bourgeoise ne puisse jamais s’acclimater à cette nouvelle vie faites d’apparences et de piques aimables échangées entre membres de la noblesse. Mais vivre dangereusement ne l’avait jamais effrayé, non ? Si son cœur si renfermé et solitaire parvenait à trouver de la grâce à la demoiselle, le reste des sangs bleus du Royaume en ferait aisément de même, mauvaises volontés mises à part.

Voyant que leur échange s’en allait gaiment vers de bons auspices, ce qui n’empêchait pourtant point qu’il prît garde au choix de ses mots, l’anglais ajouta à la note d’ores et déjà prise concernant les futures toilettes à offrir à son invitée une ébauche de liste concernant les fameuses bavardes ayant eu la sotte imagination de palabrer à propos d’avances cordiales que Fleming n’avait en aucun cas réalisées à leur endroit. Quelques noms lui apparurent telles des évidences, parmi lesquelles des marquises blessées dans leur orgueil une fois repoussée, des vicomtesses sincèrement attristées car voyant tout un univers de présents et autres richesses leur passer sous le nez, et enfin les gouvernantes des précédentes, femmes aigries entre deux âges bien trop vieilles se voir courtiser, et se faisant un devoir d’expier leur jalousie en prônant haut et fort que seules leurs petites protégées auraient pu assurer le bonheur du Lord. De semblables personnages, Gui en avait rencontré un certain nombre, que ce soit dans sa quête d’épouse, ou bien auparavant, alors qu’encore jeune il fallait bien l’avouer, il avait pénétré dans le palais royal afin d’y récupérer ce qui lui revenait de droit. Tout comme la miss, le futur seigneur et maître de Fleming’s Castle avait découvert jusqu’à quel point un groupe d’êtres humaines pouvaient tendre vers la fausseté la plus vile, de la mascarade la plus mal intentionnée. Il avait alors pris le parti de la froideur indifférente, mur imprenable face auquel les faux-semblants se brisaient telles des vagues sur un rivage, une impassibilité qui pouvait être comparée à une certaine forme d’honnêteté, peut-être pas la plus expressive et la plus attrayante, mais au moins à part de ce marasme de tromperies quotidien. Cette même honnêteté qui se retrouvait dans le sourire de Marianne…


-Londres dit beaucoup de choses, et n’y réfléchit véritablement qu’après coup, argua son hôte, faisant preuve d’une ironie auguste faisant écho à celle employée par la bourgeoise à propos des dames de Whitehall.

On ne pouvait vraiment dire qu’il s’agissait-là d’humour, car quelque part, Guildford savait bien que les lauriers qu’on lui apposait à présent sur la tête finiraient brûlés et réduits en cendres lorsqu’il montrerait son vrai visage au monde, celui de la vengeance la plus pure, de la sévérité la plus stricte. Seule la vérité comptait après tout quand on tâchait de bâtir les fondations d’un couple, non ? Eh bien Marianne et sa perche tendue en auraient pour leur argent. Pourquoi ? Cela l’amusait-il, d’utiliser la perche tendue contre celle qui la lui proposait si gentiment ? Ça n’était qu’un compliment, mais Guildford avait besoin de mettre à mal cette si bonne première impression, afin de n’être en aucun cas illusionné, aveuglé par une douceur et une simplicité qui aurait pu n’avoir pour but que de le berner. Tant de créatures avaient subi son jugement, et s’étaient révélée, en fin de compte, aussi fausse que des cristaux de verre se prenant pour des diamants…


-Mais pour revenir à cette fameuse soirée, je n’ai accompli que mon devoir. Tout patriote aurait agi de la sorte, porté par l’appel légitime de son sang ainsi que de son honneur.

Un discours bien sérieux, et nullement ampoulé, comme aurait pu le penser la demoiselle. Pas de comparaisons flatteuses avec quelques héros grecs, ni récit fourmillants de détails héroïques à propos de cette nuit de cauchemar. Si le Lord ne semblait ne rien marqué par l’horreur de ces heures, ça n’était nullement par vanité mal placée désireuse d’entendre encore et encore d’innombrables félicitations. Par sa bouche s’exprimait le guerrier inflexible que nulle affreuse ne touchait plus, et que la mort faisait sourire telle une belle cavalière à faire valser avant les douze coups de minuit. Ce goût pour la violence, immensément pire que l’égo déraisonné que miss Foster souhaitait mesurer chez lui, animait ses traits, comme l’aurait fait une sage flamme enfermée dans une lanterne sourde. Alors que ce léger sourire étirant légèrement le coin supérieur de ses lèvres et tirant son regard de la léthargie protocolaire prônée par les circonstances dans lesquelles un premier tête-à-tête entre deux promis devait se dérouler.

-Lorsque la survie de Son Altesse se voit en passe d’être menacée, nulle tergiversation n’est permise. Les deux premiers complices qui tombèrent sous ma lame en payèrent le prix, mais puisqu’il est toujours de bon goût de prouver à son souverain l’inconditionnel dévouement qu’on lui destine, je pris néanmoins le temps, avant de mettre Sa Majesté et les siens en lui sûr, de lui dédier la tête du dernier attaquant ayant eu l’outrecuidance de me défier fraîchement décapitée par mes soins. Rien de plus, et toutes les épopées que vous avez dû entendre ne sont qu'enjolivements de choses très simples.

Pas une once de ne serait-ce que d’une légère suffisance animée par ces abominations narrées dans le plus grand calme, sans pour autant qu’on puisse se méprendre sur le fond du problème : Guildford tuait, tuait bien, et n’y voyait aucun inconvénient. Quant à déduire qu’il y prenait du plaisir, ceci résulterait d’un infime effort d’imagination que toute personne normalement constituée pourrait effectuer. Notamment si cette dernière avait vu portées à sa connaissance les nombreux avis mitigés voire négatifs d’autrui à propos du caractère dépeint comme emporté et facilement violent de Fleming.

-Les rumeurs à mon sujet, reprit-il en parfaite connaissance de cause, sont aussi nombreuses que diverses. J'imagine que l’on vous a également parlé de mon tempérament impulsif attirant à moi moult querelles… ?

Tel était le piège, audacieux quoi que nécessaire. Car bien entendu, vous et moi sommes sans ignorer que cette vision du drame ayant suivi la fête d’Henry n’avait rien de véridique, au contraire, puisque Gui n’avait même pas dégainé son épée. Marianne avait voulu le pousser dans ses retranchements, et il parait d’une manière inattendue, renversant la situation, et menant à son tour sa propre offensive en ordre de bataille. Soit la belle en palissait et jurait ses grands Dieux de ne plus jamais lui adresser la parole. Soit elle avait mené sa propre enquête, ou du moins usait habilement de son jugement afin de comprendre que son interlocuteur usait du même moyen qu’elle afin de voir clair en elle, comme il convenait avant d’épouser quelqu’un. C’était sans les avis des autres, que Gui désirait la voir, quitte à la perdre, à détruire le peu de chemin qui avait été parcouru depuis que la demoiselle était apparue dans la pièce. Epurée comme l’avait été son sourire, perle peut-être perdue à jamais.
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Ven 23 Sep - 16:31


« Qui aime bien, châtie bien ? »



Le pseudo test de Marianne semblait avoir fonctionné : Guildford ne semblait pas faire partie de ces hommes qui font leur fier et rajoute des tas et des tas de détails de façon à impressionner le plus possible ces demoiselles qui deviendraient, qui sait, des futures conquêtes. Ou alors était-ce de la fausse modestie ? Après tout, jusqu'à maintenant, la miss n'avait montrée en rien son plaisir d'être présente en ces lieux, et encore moins d'avoir en face d'elle quelqu'un qui en faisait des masses pour la séduire. Elle était persuadée que ce n'était pourtant pas le cas, de part ses traits si sérieux composant les moindres parcelles de son visage.

Sur le coup, elle se remémora les hommes ayant déjà essayé de l'avoir pour épouse : la plupart des enfants de riches bourgeois (amis de son cher père ou non, d'ailleurs), quelques chevaliers ou encore des hommes de la même condition qu'elle. Nous n'irons pas non plus jusqu'à dire qu'elle avait le don d'accrocher les attentions sur sa modeste personne, bien au contraire. Aucun d'eux n'avait à ce jour réussi à prendre son cœur qui semblait désormais à leurs yeux si dur et si froid comme de la glace, ou encore trop agressif à la découverte de ses dons à l'épée. La raison ? La sincérité s'avérait des plus nécessaire dans la possible relation qu'elle concevait et personne ne lui avait paru sincère dans leurs intentions ; tandis que certains la souhaitaient par intérêt commun pour les deux familles (et le sieur Foster n'était pas innocent à ses affaires), d'autres ne la désirait que pour sa beauté et le charme qu'elle dégageait. Ce genre d'être, la demoiselle les connaissait : une fois lassés d'un corps, ils allaient rendre visite à un autre lit, laissant leur épouse à l'abandon, tel un vulgaire sac à patate. À leur époque, il est vrai que ce type de mariage était fréquent, une jeune fille étant un poids souvent assez conséquent pour les familles les plus pauvres du royaume.
Cependant, miss Foster ne souhaitait pas un avenir comme celui-ci. Selon elle, ce futur lien unissant deux êtres devait se faire avec un consentement des deux individus directement concernés ; surtout celui de la future mariée. En effet, c'était avant tout elle qui donnait sa vie entre les mains de son époux, étant totalement dépendante de lui par la suite des événements. Mais Marianne était loin d'avoir cet esprit et sa relation avec Lord Fleming ne touchait pas encore au terme d'« amour » . Pas... Encore ? Bah, ils venaient à peine de se rencontrer, leurs sentiments l'un envers l'autre pouvaient toujours évoluer vers la sympathie autant que vers l'empathie. Cela, seul le temps pourra nous le dire...

Tout au long du court récit, son attention était toute portée sur le visage de son hôte, comme buvant le moindre de ses mots, passionnée. Pourtant, ses phrases possédaient un petit côté horrible voir repoussant, dites avec tellement d'indifférence. Cependant, aucune attitude de dégoût n'émanait de la jeune femme. Au contraire, cette dernière, assise contre le dossier de son fauteuil, ses doigts croisés sur ses cuisses, semblait totalement à l'aise. Enfin, me direz-vous. La crainte de l'inconnu avait disparu pour laisser place à l'envie de s'affirmer : lui montrer qui elle était réellement et à quel point il lui serait difficile de l'avoir pour lui, comme il l'avait désiré après l'avoir choisi comme sa fiancée sans lui demander son opinion à ce sujet.

Indirectement, Marianne ne put s'empêcher de vouloir le taquiner un peu.


-Oui, j'imagine que n'importe quel homme serait poussé par un patriotisme hypocrite, dans ce genre de situation, afin de plaire le plus possible à notre bon roi.

C'était plus fort qu'elle, mais la franchise l'emportait toujours. S'il y avait une chose que la miss avait apprit au cours de sa vie c'est qu'il ne fallait jamais croire la bonne parole des gens sans être certain à cent pour cent de leur sincérité envers qui que ce soit.

Peut-être qu'inconsciemment, l'anglaise essayait de repousser comme elle le pouvait le noble en se montrant à la limite du désagréable, voir de l'insolence. Sa remarque n'avait, cependant, rien de révoltant, sauf si l'élément dont parlait Guildofrd entrait en compte...


-En effet, j'ai entendu certaines paroles selon lesquelles vous seriez un homme plutôt... brutal. Je dois vous avouer que cette caractéristique de votre personne à briser un mince espoir d'avoir trouvé un futur époux à mes goûts.

Un homme participant à des bagarres de tavernes, ivrogne ou non, ne constituait en rien ses critères de sélections. Et si jamais il paraissait aussi violent avec elle.... Pire ! S'il y prenait un plaisir « malsain » ? No, no, no, comme dirait l'autre (*SBAFF*). Cela ne pourrait être concevable.

Durant le mince silence qui s'installa, elle le dévisagea, cherchant presque à voir jusqu'où il pouvait aller et si cette description d'homme impulsif de la part des autres se révélait être vrai. C'était si bon, de jouer avec les cendres encore chaudes. Ou bien le prendrait-il avec humour.


-Si je peux me permettre, vous n'avait cependant rien de vraiment effrayant, comparé à toutes ses rumeurs qui coulent à votre endroit.

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Mar 1 Nov - 10:40

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L’amour une guerre, selon le proverbe, où tous les coups sont permis, les plus bas comme les plus honorables. Certainement la plus belle forme de combat que l’homme ait jamais inventé, sans effusions de sang ni blessés, champs de bataille où les jeux de séduction remplaçaient les duels à l’épée, et les avances repoussées les salves de canons. Et comme lors de tout acte de violence, les masques se brisaient, les flegmes se troublaient, et l’on réinventait les règles pour mieux prendre part à cette prenante épopée, plus prenante que l’on en l’aurait cru au départ. Une simple conversation imposée par des dogmes séculaires se métamorphosait alors en échange presque passionné…

Bien sûr, Marianne était une jeune personne bien élevée, polie, douce, généreuse. Beaucoup de monde disait beaucoup de bien d’elle, mais il existait pourtant elle, comme en chacun d’entre nous, une face sombre, révélée fort peu souvent. Peu étaient ceux ayant pu entrapercevoir cette part d’elle, cet aspect fier et quelque part dominateur, refusant d’être dompté, de seulement prêter l’oreille à des quidams à qui elle ne laissait, au fond, aucune réelle chance de l’atteindre. De la défense, oui, un instinct d’indépendance plus fort que tout, marqué pourtant par une volonté de vaincre, de mettre à terre aussi bien tentatives d’envoûtement que le vain prétendant ayant l’indélicatesse de seulement oser penser qu’il pouvait la faire chavirer. Tous les moyens s’avéraient acceptable afin d’évincer ces messieurs trop fiers pour être aimables, trop sûrs d’eux pour que la demoiselle ne puisse résister à l’envie bravache de les rabaisser dans leur orgueil ! Merveille que les bras de fer de l’amour, apte à aboutir au meilleur, en passant par la révélation des pires travers de chacun.

Des défauts, Gui s’en connaissait un certain nombre, ignorant les plus futiles, acceptant les autres comme de simples réalités plus que comme des poids ou des sources de force de caractère. Certes, il n’était point un monstre de brutalité lorsqu’on ne l’y poussait pas, mais demeurait cependant têtu, très têtu, au point de tout entreprendre afin de ravir, sinon l’affection de la balle, au moins son annulaire gauche. L’expérience lui avait prouvé qu’en s’investissant au-delà de lui-même, ses efforts se voyaient récompensés. Que ce soit pour la reconstruction de son château, ou encore le repoussement des forces écossaises à bonne distance de la frontière, sa fougue, sa sueur et son talent avaient payé, là où tant d’autres avaient fini par échouer ou baisser les bras. Il l’obtiendrait, coûte que coûte, jouant honnêtement ou en l’ayant par l’usure. Et peut-être Marianne y perdrait-elle sa gentillesse, s’en trouverait exaspérée, acide, formatée pour pouvoir résister à cette vie future choisie pour elle. Légalement, nul autre gentilhomme ne pouvait prétendre à sa main sans que le Lord ait rompu le contrat déjà cosigné avec Mr Foster. Le piège en somme était déjà refermé… Mais comme il s’agissait d’amour, nulle plaie ne viendrait blesser la jeune femme, sinon celle ouverte par la flèche de Cupidon dans le meilleur des cas, ce que nous lui souhaitons sincèrement.

Aucun propos ne saurait le braquer, du moins de façon assez nette pour que son invitée se voit congédiée dans l’instant. Allons, nous savons bien que si miss Foster avait été rejetée avec une telle véhémence, la part de contentement obtenue grâce à cette toute fraîche liberté aurait été contrastée par quelques regrets concernant son pauvre père… Et l’image de petite peste distillée à l’aristocrate, mensongère puisque la franchise ne l’effrayait point. L’honnêteté a cela de déplaisant, qu’elle ne vous abandonne jamais vraiment, même lorsque vous aimeriez lui faire la sourde oreille…
Tout en jouant franc jeu, sans en avoir l’air, effleurant la lisière des sentiers battus à l’instar de son hôte, Guildford repartit donc en croisade, comme à chacune de ses réparties, contre l’indifférence de sa future épouse.


-Prenez garde à ce que vous dîtes, madame, lui conseilla-t-il sans une once de paternalisme, mais en tant qu’être ayant flirté avec les abîmes au point de savoir parfaitement les reconnaître, et jusqu’à quel point les approcher. Cela pourrait vous valoir des ennuis… Ou la potence.

Aussi faux que soient les désirs de plaire à leur souverain qui animaient les courtisans de Whitehall, ces derniers n’auraient pu agir autrement : leurs intérêts le requerraient expressément, de même qu’Henry lui-même, narcissique créature tout à fait disposé à voir un traître en chaque noble n’ayant pas eu l’obligeance de lui baiser les pieds. Avec qui croyez-vous que l’on remplissait les geôles de la Tour ?

D’un autre côté… Remettre à sa place cet orgueilleux sire… Quitte à briser tous les codes… Il s’agissait alors d’un autre amour, celui du risque, du danger, de l’interdit, une sorte de folle bravoure ne demandant qu’à s’émanciper encore et encore. Certains refusaient de se mettre à genoux devant le tyran, une malsaine minorité avait le mauvais goût d’entrer en résistante en adhérant à la sombre Rose Noire… Lorsque d’autres osaient rencontrer face à face celles et ceux ayant décidé de destinés ne leur appartenant pas. N’était-ce point cela qui avait poussé Marianne à franchir le seuil de ce manoir ? Pour agir comme le lui avait demandé son père, pour rencontrer cet homme que tous craignaient et évitaient. Plus, bien plus qu’un banal appât du gain ou qu’une politesse forcée, il s’agissait d’écouter son cœur en son entier, amabilité comme curiosité, bienséance comme attrait pour les périls.

Les avis de Marianne, aussi négatifs et quelque part bravaches qu’ils puissent être, demeuraient un moyen comme un autre de percer ses pensées, et donc de définir exactement sous quel angle d’attaque l’approcher. Chasseur occasionnel en ses terres, Fleming ne craignait point de pousser toujours plus loin , sans peur de choquer ou de faire montre d’indélicatesse. Car qui jouait avec le feu risquait de s’y brûler, ou de simplement se montrer brillant.


-J’aurais cru que vous vous refuseriez à croire aux premières impressions, quelles qu’elles puissent être, tout comme aux on-dit. Puisque la preuve vaut tous les récits, vous pourrez pleinement vérifier votre postulat en restant dîner ici ce soir, si bien entendu vous le désirez.

L’avenir appartient aux audacieux, voilà qui aurait pu être une épique pensée de notre bien-né lorsque l’aube s’était levée sur Londres, et que sans cesser de contempler le ciel, il avait suivi le lent lever de l’astre diurne. Sa proposition était osée, mais qui ne tente rien n’a rien, non ? Marianne ne faisait presque rien comme personne, alors autant lui montrer que lui aussi n’avait pas froid aux yeux.

Ce fut alors qu’un serviteur, après avoir gratté à la porte, brisa cet échange de mots et de regards grimpant en intensité. Ce dernier, d’un pas aussi leste que silencieux, vint déposer sur la table une coupe de fruits frais et quelques boissons, avant de saluer et de repartir, efficace, fantomatique. Son maître lui avait-il demandé de paraître, ou était-ce une initiative venant de mettre à mal une intimité à peine née ? Difficile à dire ; Gui avait détourné les yeux de la demoiselle, les posant sur le parquet fort chastement afin que personne, et certainement pas son employé ne vienne à penser qu’il dévorait, ou seulement se délectait de la miss du regard. Mais puisque tout était calculé, après tout, cela relevait peut-être d’une mise en scène apte à temporiser cette discussion où tout devenait possible.

Quand l’amour guerrier devient mascarade romanesque…
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Lun 19 Déc - 9:17

La réflexion du Lord fit sourire de façon amusée, touchant presque à la mélancolie, la jeune demoiselle. Depuis qu'elle avait apprit à parler, on lui avait souvent reproché sa langue un peu trop pendue. Dans un monde où l'hypocrisie était une vertu, dire son avis sur quelque chose d'aussi épineux que la loyauté des sujets d'Henry VIII n'était pas bien vue, surtout lorsqu'il s'agissait de remettre en cause leur bonne foi envers leur suzerain. Son caractère franc pouvait bien souvent passer comme dérangeant, à la limite du gênant. Toutefois, Marianne n'en accordait que peu d'importance, décrétant qu'ouvrir les yeux des gens sur le monde qui les entoure ne pourrait faire qu'avancer les choses dans le meilleur des sens. Encore faudrait-il qu'on la prenne un tant soit peu au sérieux... Étant du sexe faible, les chances pour que cela arrive sont des plus minces, malheureusement.

Ce que venait de répliquer la bourgeoise n'avait cependant été entendu uniquement par Guildford. Certes, cela n'avait rien de vraiment agréable à son encontre et encore moins pour les membres de sa caste... Mais irait-il vraiment le répéter à qui de droit, afin qu'elle soit sévèrement puni pour ce terrible affront ? Non, bien sûr que non. À ce sujet, elle est sûre et certaine de pouvoir dormir tranquille. Après tout, si Marianne se voyait être pendue, le noble perdrait sa fiancée et, par conséquent, toutes ses belles perspectives de mariage.


-Veuillez m'excuser, il m'arrive souvent de crier un peu trop haut ce que je pense.

Si cela peut le repousser et lui paraître malsain pour sa réputation, ce n'était pas plus mal...

La miss eut à peine le temps de comprendre la proposition à dîner de son hôte qu'un serviteur entra dans la pièce. Son regard se posa alors comme par instinct sur la coupe de fruit et s'ouvrir soudainement durant quelques secondes, telles deux grosses soucoupes. Devant elle se tenait plusieurs sortes de fruits dont elle n'avait pas accès, par faute de moyens financiers. D'autres lui étaient complètement inconnus, tout au moins leur goût. Timidement, la brunette commença à approcher sa main, mais la posa sur la table fessant mine de rien. Elle n'osait pas et ne voulait pas donner l'impression que ce mélange de couleur et de saveur l'attirait. Sans doute était-ce un luxe qu'elle pourrait s'offrir en se fessant sienne. Un argument en saveur sans doute ? Il n'était pas question que Fleming pense qu'il venait de marquer un point, vous comprenez ?

Toussotant, elle tourna à nouveau ses pensées vers un sujet abordé rapidement : l'invitation à dîner au Fleming's Manor ce soir.

Dans sa tête de jeune femme bornée, Marianne avait prévu de rester simplement quelques heures en ces lieux, histoire de ne pas rentrer chez elle trop tard et de pouvoir en finir avec cette corvée au plus vite. Toutefois, elle se trouva face à un dilemme : accepter l'invitation du Lord lui permettrait de le connaître davantage, du moins cela semblait être un objectif à atteindre. D'un autre côté, elle n'avait nullement l'envie de rester entre des murs qui ne lui étaient pas familiers. Si tel était le cas, son cher père serait sans aucun doute possible ravit de la savoir auprès de son fiancé.


-J'accepterais volontiers, répondit la demoiselle d'un ton neutre. Toutefois, mon père m'attendra certainement pour le dîner et je ne souhaite pas qu'il meurt d'inquiétude en ne voyant pas revenir.

Cette fausse excuse n'en était pas vraiment une. En effet, bien que débrouillarde, miss Foster restait une femme et la fille d'un homme qui tenait fortement à sa progéniture. S'il ne voyait pas cette dernière revenir, il y avait de fortes chances pour qu'il mette tout Landscape en alerte au bout de quelques minutes. N'ayant plus qu'elle dans sa vie, quoi de plus normal, me direz-vous ?

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Lun 2 Jan - 18:05

Marianne avait bien des atouts pour elle : sa franchise, sa jeunesse, son franc parler qui aurait fait réfléchir ou bien rougir bien des nantis corrompus au point d’en être aveuglés, sa beauté enfin, discrète, qui aurait été tellement plus frappante si elle avait su se mettre en valeur, non pour céder à des diktats esthétiques, mais seulement pour révéler la femme derrière la guerrière. Ce ne serait cependant pas suffisant, et au fond, mieux valait que cette découverte soit faite en présence de Fleming, qui ne retournerait pas cette faille contre elle, plutôt qu’en présence d’un des nombreux esprits malfaisants hantant les rues de Londres.

Il s’agissait de l’éternelle confrontation entre la pureté encore à l’état brut, pleine de bons sentiments et d’impétuosité volontaire, contre les manières policées des Grands habitués à demeurer à leur place, mais pas pour autant inactifs, plus immobiles que des statues, mais guettant la moindre faille aux alentours. Ainsi, la demoiselle désirait se montrer aussi forte que fière, condescendant à des sourires, se laissant peut-être un peu attendrir avec sincérité ou juste pour paraître plus polie encore, mais elle avait fini par se trahir, et l’objet étant la cause de cette reddition inconsciente ne se trouvait être rien de plus qu’une coupe de fruits.

Le geste avorté de son invitée n’avait bien évidemment pas échappé au Lord, de même que la fascination presque émerveillée de Marianne pour ces victuailles devenues fort communes aux yeux du bien né, habitué depuis sa naissance à goûter à mille et unes choses raffinées avec autant de facilité qu’un roturier aurait eu à aller tirer l’eau du puit. Sans forcément trouver profondément touchant l’hébétement innocent de sa fiancée, il le comprenait, devinant ses raisons et les sentiments qu’il faisait naître en elle. Il aurait pu laisser les choses en état, mais cette conversation n’avait rien d’un banal échange, malheureusement, et toutes les failles que laisserait entrapercevoir miss Foster seraient notées par ses soins, et utilisées dans la mesure de leur pertinence. Oh, sans volonté de la mettre en défaut, car comme nous l’avons dit, Guildford ne comptait pas parmi ceux appréciant le rôle de détracteur sans pitié. Pour gagner le cœur de la belle, ou du moins rompre une à une ses réticences, la toucher métaphoriquement jusqu’à ce qu’elle ne le voit plus comme un ennemi, œuvrer à partir des miettes abandonnées inconsciemment par l’Anglaise était le seul et unique moyen à sa disposition.

Lentement, Fleming approcha à son tour la main du précieux récipient excitant toutes les convoitises, tout en continuant sans hâte leur échange :


-Ce que vous dîtes sans retenue avec des mots, je l’exprime aussi bien à travers le fer de mon épée, sans crainte, à votre instar, de donner corps à ma pensée, et sans envie de retenir plus longtemps mon message.

Etaient-ils si différents, en réalité ? L’aristocrate usait d’une des manières de formuler ses pensées propre aux gens coutumiers des faits d’armes, c’est-à-dire parfois violente, et souvent impressionnante ; Marianne, quant à elle, limitée par sa nature, ne pouvait faire preuve que d’effronterie et d’insolence exacerbée. Tous deux cependant ne se laissaient pas marcher sur les pieds, et parvenaient tôt ou tard aux buts qu’ils s’étaient fixés. Sauf ici, où la britannique avait accepté de le rencontrer, lui cet homme choisi par son père pour partager le restant de ses jours. Sauf à cet instant, où Gui tentait une approche en douceur, plus qu’en cérémonies pompeuses censées éblouir la belle au point de la séduire comme un éclair aurait ébloui un passant perdu sous la pluie.

Ses doigts, qui, notons-le, étaient à nu et non point gantés de cuir noir, enlacèrent une pêche d’une rondeur généreuse, à la teinte de soleil couchant, avant de présenter ce petit trésor sucré à sa vis-à-vis, comme l’aurait fait un aventurier tentant, avec patience et calme, de dompter un fauve à l’état sauvage. Il s’avérait essentiel qu’elle se sente en sécurité, qu’elle s’abandonne encore un peu, que sa garde continue de s’abaisser.


-Le tourment de votre père est plus que compréhensible. Il est cependant parfaitement envisageable qu’un coursier soit envoyé auprès de lui afin de lui porter ma demande, et d’obtenir, s’il en décide ainsi, son approbation. À moins qu’il ne souhaite se joindre à nous.

Bien entendu, cette option s’éloignait sensiblement de ce que le Lord avait espéré, mais enfin, les compromis ne rendaient qu’encore plus plausible l’idée de ce dîner, le trajet en voiture de Landscape à Londres permettant au sieur Foster de les rejoindre dès la tombée de la nuit. Fleming démonterait les arguments de la bourgeoise, tout en lui signifiant qu’elle était plus que la bienvenue en ces lieux qui deviendraient bientôt sa demeure, et ce sans céder ne serait-ce qu’un pouce de terrain, optant pour des raccourcis sinueux plus que pour des lignes droites si cela lui permettait d’arriver là où il aspirait d’aller. Que pourrait-elle opposer à cet arrangement agréable sous tous les points de vue ? Il n’y avait qu’un « oui » à dire ; il ne restait plus qu’à croquer dans le fruit offert.
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Lun 13 Fév - 14:13





Cette manche, Lord Fleming venait de la gagner haut la main. Il venait de citer deux possibilités auxquelles la jeune femme ne pouvait répondre négativement. Elle se trouvait prise au piège et obligée de rester dîner en sa compagnie, étant en manque cruel d'arguments pouvant justifier une potentielle fuite de sa part. Tant bien que mal, Marianne tenta de cacher sa contradiction se lisant certainement dans ses yeux clairs. Si elle avait été une enfant à 'instant présent, elle aurait sans doute piétiné du pied, crisé ou même boudé. Heureusement pour les deux fiancés, voilà des années qu'elle avait dépassé ce stade de la vie d'un être humain. Elle avait grandi et mûrie, rendant ce désagréable sentiment invincible aux yeux du monde.

Cela allait être la première fois que la demoiselle allait dîner dans une ambiance qu'elle ne connaissait pas et, de surcroit, en compagnie d'un homme de meilleur condition. La présence de son paternel lui donnerait certainement plus de confiance face à l'angoisse de faire un geste déplacé. Toutefois, et contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la réponse de Marianne n'alla pas dans une possible venue du bourgeois.


-Je pense que cela serait préférable, bien qu'il ne serait pas contre. Dit-elle le plus simplement du monde, mais aussi sûre d'elle que jamais. Il ne me semble pourtant pas nécessaire de faire déplacer mon père jusqu'à Londres, mais je vous remercie.

La raison de sa désapprobation était simple : en compagnie de Guildford, l'objectif de Sieur Foster serait de valoriser au maximum sa progéniture. Tout au long de la soirée (et sa fille en était plus que convaincue) il ne parlerait que d'elle et de ses qualités, omettant volontairement le caractère parfois désagréable de Marianne au profit d'éléments en sa faveur. La miss l'appréciait beaucoup, mais ne supportait pas longtemps de l'entendre la décrire sous ses moindres aspects. Si cet homme souhaitait savoir qui elle était, cela serait à lui de le découvrir, tout comme cela serait à sa fiancée de découvrir ce noble encore non apprécié. Peu importe le temps que cette étape prendra, elle était nécessaire pour leur relation future. Si relation il y a.

Fascinée, cette même fiancée regarda la pêche que lui tendait le bien né. De sa vie, elle avait dû goûter à ce fruit qu'en de rares occasions. La plupart des fruits que la famille Foster avait en sa possession venaient des arbres poussant sur leur terrain : des pommes, des poires ou encore des fraises. Aucun d'eux n'égalait cependant le goût sucré et doux du fruit s'offrant à elle.
La main ayant révélé sa tentation fut celle se glissant autour de la peau douce de la pèche. L'espace de quelques secondes, ses doigts touchèrent ceux de Guildford et ses yeux se perdirent dans les sien durant ce même instant. Après un premier regard, un premier touché. Et tout comme Eve avait cédé à l'envie de goûter au fruit défendu, Marianne avait cédé à l'un des 7 pêchés capitaux : la gourmandise.


-Merci.

Malgré qu'elle soit ronde et ferme, elle n'osa pas tout de suite la manger, préférant la poser sur la table, juste devant elle. Elle préféra attendre qu'il prenne à son tour l'un des fruits proposés. Par timidité ? Non, plutôt pour pouvoir la savourer sans avoir l'impression d'être observé. Peut-être est-ce surtout pour cette raison, que l'anglaise refusait intérieurement de rester en ces lieux jusqu'à la tombée de la nuit ?

Après un léger toussotement, Marianne revint à un sujet qui l'intéressa un tant soit peu.


-Auriez-vous déjà tué pour vos convictions, My Lord ?

"Je l'exprime aussi bien à travers le fer de mon épée". Cette unique phrase lui avait suffit pour s'imaginer bien des choses. Pour la jeune femme, utiliser son épée ne voulait pas forcément dire s'en servir pour faire du mal, mais plutôt pour se défendre et uniquement pour ça. Grâce au ciel, elle n'avait pas encore eu besoin d'elle et n'avait jamais attenté à la vie d'une autre personne. En était-il de même pour Fleming ?

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Mer 29 Fév - 17:05

(c) thedailylovejournal - Céline Dion, Taking Chances

What do you say about taking chances ?

Don't know much about your life
Don't know much about your world, but
Don't want to be alone tonight
On this planet they call earth

You don't know about my past, and
I don't have a future figured out
And maybe this is going too fast
And maybe it's not meant to last

But what do you say to taking chances
What do you say to jumping off the edge?
Never knowing if there's solid ground below
Or hand to hold, or hell to pay
What do you say ?



Il ne s’agissait ni d’exultation, de fierté, de plaisir mesquin ou simplement de sentiment de puissance. Il n’avait rien à éprouver à la reddition sans conditions de Marianne, et reconnaissons-le, le Lord, en réagissant ainsi, tenait du véritable gentilhomme. Certes, il reconnaissait que leur relation tenait encore de l’affrontement frontal, avec ses feintes, ses percées, ses avancées autant que ses défaites, et la guerre, à défaut d’avoir vu se clore une bataille, ne finirait sans doute pas de sitôt, bien que Fleming ne soit pas en faveur des hostilités. Aurait-elle été moins plaisante si elle n’avait pas tenté de lui résister ? Certains n’aimaient les femmes que dans le combat, pour le plaisir de les sentit plier, de les posséder enfin, les trouvant beaucoup moins attirantes dès que la chaleur de la lutte retombait. Des joutes, pas des couples. Miss Foster n’avait rien de faible, ni dans sa façon d’être, ni dans ses choix. Peut-être que si elle s’était rendue plus vite, Guildford l’aurait cru faible, et il n’aurait pas véritablement fait attention à elle.

Tout demeurait pourtant dans les ornières conçues par celui-ci : aucun motif donc de se réjouir. Il avait imaginé que la belle ne se montrerait pas complètement conciliante, et de ce fait, s’était tenu prêt à ramener leur conversation dans les limites du chemin qu’elle avait nécessairement à parcourir. Seul détail qui lui avait échappé lorsque, une bonne partie de la soirée de la veille, alors que le sommeil tardait à l’emporter, il s’était figuré les diverses après-dînée possibles et imaginables du lendemain, leurs mains se frôlèrent. Ou plutôt, pour être plus exact, celle de Marianne effleura la sienne. Le noble ne s’en troubla point, n’étant pas homme à s’émouvoir pour si peu. Au contraire, cela lui donna durant quelques secondes matière à réfléchir : la chair de la jeune femme n’était ni froide si chaude, juste là, tangible, et de suite éloignée. Quelles balivernes que les descriptions romantiques au possible que les livres à l’eau de rose proposaient ! Pas d’éclair, pas de révélation, pas de passion subite, ni de miracle, de fanfare ou encore de vol d’oiseaux pépiant gaiement. Gui ne put effectuer la comparaison entre la fiction et le réel, car il n’avait jamais ouvert de semblables ouvrages ; s’il l’avait fait, il aurait de suite posé ces écrits comme inepties, et vivement conseillé à sa sœur de ne point les parcourir, tant leurs auteurs véhiculaient sans scrupules d’idiotes idées à l’attention de demoiselle à l’esprit crédule.

Non, il valait mieux qu’aucun d’eux ne relève, et que tout continuât son petit bonhomme de chemin, bien dans les règles, en suivant la ligne. D’autant plus que le bien né n’aurait pas forcément su quoi songer réellement de ce contact fortuit survenu bien tôt, et que la bourgeoise avait abordé un autre sujet de conversation autrement moins plat que son paternel, sauf son respect. Dans son regard, il n’avait rien su lire, et dans le sien, il n’y avait rien eu non plus de notable : un minuscule incident de parcours donc qu’il clôtura avec un :


-Je vous en prie, ma Dame. Il sera fait comme il vous siéra.

… protocolairement irréprochable.

Ce qui le fut un peu moins fut la question de sa vis-à-vis, physiquement sage, puisqu’elle ne s’était pas jetée sur la pêche comme l’aurait fait un enfant, mais oralement impertinente, comme à son habitude. Ayant compris que cette caractéristique la définissait profondément, Gui prit le parti de parler donc de ce qui l’intéressait, à savoir la mort et la guerre, sujets qui ne le choquaient pas, mais qui auraient dû la choquer elle. Un homme brutal –puisque c’était ce qu’il représentait, non ?- n’avait rien à cacher là-dessus, de toute manière.


-Je possède un domaine dans le Northumberland, au Nord du Royaume, éluda-t-il, bien qu’il s’agît là d’un prologue à sa répartie.

Sans une once de vanité, l’aristocrate présentait ses possessions et richesses, arguments essentiels qui lui avaient permis d’obtenir l’aval de Mr Foster quant à leurs fiançailles. Cependant, comme à chaque fois qu’il parlait en tant que châtelain, il s’exprimait posément, sobrement, avec un sérieux extrême.


-Sur mes terres se trouvent plusieurs bourgs, abritant de nombreuses familles, et accueillant des marchands, de nombreux voyageurs itinérants chaque jour de l'année. Et, toute proche, la frontière, sur laquelle veillent de sporadiques postes de garde.

À chaque fois qu’il songeait à cet état de fait, si puéril, si révoltant, sa voix menaçait de se durcir, de même que son regard ; cependant, son invitée n’avait pas encore à découvrir jusqu’où sa haine de l’Ecosse s’étendait, si bien qu’aucun changement sensible ne vint émailler le portrait que nous avions dressé tantôt de lui.

-Je suis responsable de leur vie, de chacun de ces Anglais. Et je suis disposé à entreprendre tout ce qui doit être entrepris afin de les protéger, comme j’en ai la responsabilité, et fait le serment en devenant Lord. Y compris tuer, puisque telle est votre question.

Activité pour le moins salissante à laquelle Gui s’était déjà adonné, sans réelle passion, sinon celle de vaincre l’ennemi et de réduire à néant ses tentatives d’invasion locale. Si la demoiselle comprenait en quoi consistait son rôle, elle saurait accepter cette mission ainsi que le sang que son fiancé avait déjà sur les mains.

-Mais vous, mademoiselle ? lui retourna Fleming avec finesse. On vous décrit comme fervente protectrice des plus pauvres, envers et contre tout. Seriez-vous prête à faire l'impossible pour les miséreux qui vous réclament ?

Il ne s’agissait pas seulement d’un exercice rhétorique, une phrase de plus pour repousser plus loin le silence : une Lady devait être apte à soutenir son époux quoi qu’il advienne, et avoir la tête suffisamment sur les épaules pour être digne de son rang. Des qualités dont Marianne témoignerait la présence, ou bien l’absence chez elle par ses prochaines paroles. Elle avait beau avoir la peau douce, cette discussion demeurait un galop d’essai.
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Mer 11 Avr - 13:59

Marianne ne connaissait pas le Nord de l'Angleterre, et pour cause elle n'avait jamais eu l'opportunité jusqu'à présent d'y fouler le sol. Ils ne possédaient pas assez d'argent pour ce long voyage jusqu'à la frontière écossaise et elle avait bien d'autres préoccupations ici-bas pour savoir ce qu'il se passait si loin de Londres. Comme toutes autres choses, il arrivait que des rumeurs circulent de bouche à oreilles sur les derniers événements du reste de l'Angleterre, mais rien ne semblait bien alarmant au point que la demoiselle y accorde une attention plus grande. Elle ne savait rien des massacres qui avaient pu avoir lieu au Nord. Ignorance de ses connaissances ou sujet tabou ? Elle ne saurait le dire.

Quoi qu'il en soit, en vue de la situation, Guildford avait été obligé de tuer. Personne ne tue pour le plaisir, sauf le Mal lui-même. Mais malgré qu'il demeurait ce petit quelque chose qui le rendait insupportable aux yeux de Marianne, il n'était pas cet être horrible, cruel et sans coeur. Comment en être si sûr, alors que tout le monde le voyait comme un homme brutal et froid ? Tout simplement parce qu'il n'aurait pas choisi une simple bourgeoise pour fiancée s'il ne souhaitait servir que ses propres intérêts, du moins du point de vue de la miss. Après tout, la majorité des mariages étaient imposés à la future mariée, pour une question d'argent ou de terres. Dans ce cas, cette généralité ne s'appliquait nullement, car la famille Foster ne possédait rien. Il aurait pu choisir la première fille de Duc ou que sais-je encore ! Non, il l'avait choisi elle et ses talents à l'épée, comme un homme, elle si difficile à avoir, sans même la connaître. On pouvait dire ce qu'on voulait, aucun autre homme de son rang n'aurait choisi une femme d'un rang aussi inférieur au sien et se négligeant autant. Combien pendrait-il le temps de l'amener à lui et ne pas l'amener directement devant l'autel pour enfin en finir, hum ?

Loin de tout ce que l'on aurait pu penser, la jeune femme n'était ni choquée ni écoeurée par le fait de savoir que l'homme l'accueillant sous son toit avait déjà défait des vies. Dans un sens, sa question n'avait pas été posée de façon négative à son encontre, mais plutôt pour creuser un peu plus en lui. Elle ne savait rien de son passé avant leur rencontre, mais savoir qu'il avait déjà tué notamment pour les personnes habitants ses terres lui fit marquer un point dans l'estime de Marianne. Éloignez de ce pas l'image du héros courageux et sans peur qu'elle pourrait éventuellement s'imaginer dans son esprit, car cela n'était pas le cas. Son opinion tendit plus vers une image d'un homme loyale qu'autre chose. S'il l'était pour ces peuples, le serait-il autant avec une épouse ? Là était toute la question.

Avant de répondre à la question retourné de son interlocuteur, sa fiancée joua calmement avec la pêche entre ses mains, faisant tourner la petite partie de branche...


-Pour ces pauvres gens je serai prête à faire tout ce qu'il faut.

... jusqu'à ce que la branche se décolla du fruit.

-Même l'irrémédiable. J'espère toutefois avoir à éviter le geste fatal. Je préfère la diplomatie à l'acte de violence, quand cela est possible, bien entendu.

Jusqu'à ce que sa patience atteigne sa limite, et les cieux seuls savait à quel point il ne fallait pas trop la titiller au risque de s'attirer des foudres.

La violence ne résout rien, jamais. Les guerres n'apportent plus de larmes qu'elles ne font d'heureux. Si l'on avait les moyens d'éviter des véritables massacres, tous les moyens seraient bons pour les contourner. Mais l'Homme, comme tout être vivant sur cette terre, est un être conflictuelle. Alors, quoi ? Pourrions-nous vivre un jour dans un monde de paix ? Marianne était loin d'être naïve et stupide au point de dire « oui » de bon coeur. Si elle se battait pour essayer de rendre la vie des Anglais les plus pauvres plus vivable, elle savait que peu de personnes y apportaient une grande importance.

Marianne avait cette apparence des femmes fortes que rien ne semble réellement effrayer, mais au fond d'elle se cachait une femme bien plus sensible que ne pourrait le croire. Dans ses mots, elle paraissait calme et parfaitement sereine. Cependant, elle savait pertinemment que si elle venait à tuer, son esprit en prendrait un sacré choc. Cela peut paraître assez paradoxale, quand on sait que la miss aime passer du temps à s'entraîner à l'épée. Elle partait simplement du principe que le moment venu, cet entraînement lui sera d'une utilité plus que certaine.


-Je serais curieuse de savoir ce que l'on vous à dit de moi, mis à part le fait que j'occupe mes journée à aider les plus démunis ?

Elle-même avait rapporté plus tôt les rumeurs qu'elle avait entendu sur son compte. Chacun son tour, si j'ose dire.

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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Jeu 26 Avr - 12:35

Alors c'était dit. Il y avait bien dans cette pièce deux personnes de caractère, déterminées en diable, et sans doute peu coutumières de l'abandon de leurs missions. Qui leur disait pourtant d'y renoncer ? Au contraire, les conjuguer semblait être possible, parfaitement réalisable, puisqu'au fond, les contraires s'attiraient. Là où elle vivrait, Lady Fleming devrait faire preuve de sang froid et de loyauté envers ses gens, dans une des régions du pays les plus tourmentées, et sans doute les plus dangereuses, quoi qu'il ne s'agît pas là d'un argument très valorisant à mettre en exergue. Douce et inflexible à la fois, voilà un mélange qui, savamment dosé, conviendrait parfaitement à Guildford, qui d'ailleurs approuva les dires de la miss d'un léger signe de tête. Après tout, Marianne savait se servir d'une épée : cette réponse n'avait donc rien de choquant, puisque dans la stricte suite logique des choses. Comme de bien entendu, la demoiselle se montra plus portée sur l'aspect politique des conflits que sur les véritables affrontements guerriers, car sans doute en toute femme, même en les plus rebelles, demeuraient un part d'innocence irréductible que nul carnage n'aurait su éteindre, ce trait de caractère commun au beau sexe qui lui attirait, souvent sans être avoué, l'admiration des hommes, bien trop prompts à agir sous le coup d'impulsions inconsidérées.

La demande de la miss s'avérait cependant plus épineuse, et ne pourrait être résolue par une simple pirouette, ou le don d'un fruit à la peau orangée. À vrai dire, il s'agirait ici de progresser tout en finesse, car deux gouffres enserraient étroitement le fin sentier sur lequel le noble allait devoir se glisser. D'une part, il pouvait effrontément mentir, enjoliver exagérément le tableau afin de ne pas la froisser, et passer pour le pire flatteur de toute la décennie, tant les tromperies de se style n'étaient point son habitude, et que les commérages londoniens devaient tout de même parvenir insidieusement aux oreilles de la bourgeoise. D'autre part, et cela là la seule autre issue envisageable, il pouvait également se montrer franc avec elle et lui rapporter le contenu exact des divers avis ayant été émis à la Cour sur son sujet, bien plus nombreux depuis l'annonce officieuse de leurs fiançailles. Tromper ou avouer ? Ma foi, sa jeune fiancée était déjà bercée de nombreuses illusions concernant son mariage, n'imaginant pas à quel point son entrée dans l'échiquier allait influer sur le sort de l'Angleterre, si bien qu'un peu d'honnêteté ne ferait de mal à personne. Gui n'était pas un dissimulateur de son propre fait ; son Roi l'avait contraint à le devenir par son inaction, et la loyauté envers sa patrie obligeant, cette proportion à cacher la vérité à autrui menaçait un peu plus chaque jour de devenir une relativement dangereuse habitude.


-À dire vrai, votre nom revient de temps à autre à Whitehall, ce qui est assez rare dans le cas d'une personne étrangère à la Cour.

"Rare", adjectif neutre s'il en est : l'anglais avait décidé de présenter les faits du mieux possible certes, mais avec l'objectivité neutre d'un historien improvisé, n'y attachant aucune émotion pour que son interlocutrice ne puisse lui tenir rigueur de telle ou telle intonation. Pour sa part, il ne portait aucun avis sur les ragots colportés par les courtisans, depuis longtemps sourds à ceux presque innombrables à son sujet, si bien que le britannique ne risquait pas de faire grand cas de ceux distillés à l'égard de sa future épouse, sauf cas grave de manquement à l'honneur.

-Ces messieurs les pairs du Royaume se plaisent plus à examiner la situation financière et social de votre père. Celui-ci étant un homme fort discret, ces examens sont rares, et portent peu au débat.

Commencer par le père de la miss, faisant ainsi fi de la loi invitant les femmes à passer les première, avait autant pour but de préparer le terrain que de commencer à guetter quelques signes d'hostilité vis-à-vis de la noblesse. Il existait bien sûr un monde -voire même plus- entre Fleming et les êtres superficiels peuplant les couloirs royaux ; néanmoins, pour certains sujets, un bien né restait un bien né, pourvu d'autant de haine quel que soit son mode de vie.

-À votre sujet, les dames sont plus intarissables. Le fait que vous demeuriez sans promis, et que vous affichiez clairement votre détachement quant aux demandes vous ayant été présentées vous pose dans leur monde comme une personne soit emplie d'attentes élitistes risquant peu de se voir un jour comblées, soit comme une jeune femme ne pensant pas assez à son avenir.

Bien entendu, l'éventail des critiques mesquines murmurées ça et là sur le compte de Marianne balayait un bien plus large spectre de sujets, mais les deux présentés par le Lord, principaux si on devait l'en croire, avaient le "mérite" de pointer du doigt l'attitude passée de la villageoise quant à ses prétendants, comme pour sous-entendre par là qu'il était grand temps de cesser ces gamineries et d'enfin se montrer responsable. En fait, les commères du château, dans l'histoire, avaient bon dos, excellent même -pour une fois qu'on leur trouvait une utilité. Et évidemment, tout ceci n'était point l'avis de Gui, n'est-ce pas.

-Votre goût pour l'équitation et l'épée n'est quant à lui pas encore connu à la ville ; vos secrets sont saufs.

Un léger haussement de son épaule droite, après cette demi-confidence censée l'assurer encore une fois qu'il partageait son camp, vint clore ce court chapitre relatif à un monde que Marianne ne côtoierait que peu, quelques semaines tout au plus après leur union, avant de partir s'installer bien loin de Londres. Sa question se révélait en fait plus tournée vers la quête d'informations qu'autre chose, puisque ces quelques renseignements ne lui seraient pas d'une immense utilité.

-Il n'y a rien de plus à en dire. Nos fiançailles feront assurément bien plus de remous.

Et voilà comment amener sans véritablement prendre de gants un sujet fort fâcheux sur la table. Heureusement que le noble n'était pas du genre à mettre les pieds dans le plat...
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MessageSujet: Re: Rayer l’émotion inutile {pv Marianne Foster}   Lun 9 Juil - 7:49


« And I say : good luck »




Tout ce qui se racontait à la Cour au sujet du père et de la fille Foster n'étonna pas cette dernière, qui se doutait que les commérages n'allaient pas plus loin que leur situation financière au plus bas, ainsi que l'entêtement de Marianne à demeurer sans époux encore aujourd'hui. La haute noblesse était tellement prévisible que cela en devenait presque lassant, faisant d'une simple banalité une affaire ridicule, à la limite de l'humiliation. La réponse de Guildford affirma son opinion en ce qui concerne les pensées que ces dames pouvaient avoir sur elle : une femme digne de ce nom se devait de trouver époux, même si l'acte de mariage résulte d'un arrangement entre deux familles, cette union étant plus que bénéfique pour l'une comme pour l'autre.
Marianne n'avait jamais réussi à s'attacher à cette coutume, privant plus d'une demoiselle de son indépendance, car devant suivre les choix que les autres font pour elle. Aucune personne n'avait décidé jusqu'à présent de l'avenir de miss Foster ; sa mère avait toujours été bien trop douce pour lui imposer quoi que ce soit. Quant à son père, ce dernier la laissait toujours prendre ses propres décisions, y mettant de temps à autres ses limites lorsque que cela devenait trop imprudent. Il avait même été jusqu'à lui promettre de la laisser choisir elle-même son avenir, donc l'homme qu'elle épousera. Cette promesse, la vieil homme l'a brisé en acceptant la demande de Lord Fleming, sans en demander l'accord de sa fille. L'anglaise avait avalé de travers cet épisode, s'apparentant à une offense à ses principes. Toutefois, elle n'en voulait que quelques jours à son paternel, sachant pertinemment la raison pour laquelle il avait posé son aval : pour le bien de sa fille unique, la seule personne proche qui lui restait.

Les dires des femmes de la Cour du roi n'avaient jamais atteint la jeune femme, car reflétant sa personnalité. La demoiselle était connue pour son caractère et ses actions auprès des plus pauvres de la région de Londres, entendre parler d'elle-même en terme peu élogieux ne la blessait aucunement, essentiellement lorsque ces mots sortaient de la bouche de quelques vipères. Ce qu'elle souhaitait cependant éviter, c'est que les papotages au sujet de leur fortune peu mirobolante arrivent aux oreilles de messire Foster. En effet, en perdant leur argent et leur terre, il avait également perdu son épouse. Cette époque l'avait particulièrement affaiblit, d'où les nombreuses marques de fatigue et de vieillesse sur son visage. Ce sujet tabou n'était jamais mis sur la table, celui-ci le frappant en plein fouet, nostalgique et se sentant coupable de ce qui a pu se passer. Plus loin ces commérages se trouvaient, mieux cela était.

Aaaah, ces fameux entraînements à l'épée... Seuls son ancien maître d'arme (qu'elle n'avait plus revue depuis un certain temps), son père et le noble étaient au courant. Imaginez un peu, si la haute société venait à l'apprendre ! Ces activités n'ont rien de féminin et sont en générales destiné à des hommes nobles, de préférence. Marianne les exerçait depuis qu'elle était entrée à l'adolescence. Encore aujourd'hui, il lui arrivait de se rendre dans la forêt de Landscape et de frapper quelques coups sur un arbre, la plupart du temps dans le but de se calmer après une dispute. Un discret signe de tête à l'attention de Guildford lui signifia sa gratitude face à son silence sur cette affaire bien secrète. Le sujet qu'il introduit risquait de mettre le feu au poudre dans l'esprit de la demoiselle. N'était-ce pourtant pas la raison de sa présence en ces lieux ?


-Nos fiançailles... Répéta-t-elle, le regard dans le vide.

Durant une fraction de seconde, elle s'imagina en longue robe blanche, rejoignant cet homme qu'elle n'avait pas désiré devant l'autel, alors qu'une petite voix l'incite à se retourner et s'enfuir loin d'ici. Cauchemar.


-... Si elles ont réellement lieu.

Quoi que, rien ne l'empêchait de répondre par un « non » déterminé lorsque le jour sera venu.

Un regard déterminé s'inscrit dans les yeux de Marianne, le mettant au défi de la traîner jusque dans l'église. Jusqu'à maintenant, aucun homme n'avait réussi à l'avoir pour lui, pourquoi cet homme là aurait-il plus de chance ? Le rang et l'argent n'intéressait pas cette célibataire endurcit qui ne cherchait une quelconque richesse, autrement, il y aurait longtemps qu'elle aurait fuit sa vie à la limite de la misère. Si le Lord la voulait pour épouse, il lui faudra bien du courage avant de convaincre une jeune femme aussi difficile qu'elle que bien des êtres ont essayé de dompter.


-Cependant, j'imagine que l'union d'une bourgeoise sans le sous et d'un Lord n'étant pas commun, tous s'empresseront de lancer mille et unes rumeurs, en effet.

Miss Foster entendait déjà ce que l'on pourrait dire à son sujet, notamment qu'elle avait accepté de se lier à Feming grâce à la fortune qu'il possédait et au rang de Lady qu'elle pouvait obtenir. Si pour ces femmes à la cervelle peu développée le pouvoir était une quête nécessaire, jamais les décisions de Marianne ne seraient influencé par ce genre de choses, tenant plus que tout à sa liberté de pensée et de mouvement.

-D'ailleurs, mon père et vous-même avez déjà fixé une date à cette cérémonie, peut-être ?

Autrement dit : « Me forcera-t-on un moment où l'autre à vêtir la robe de mariée ou me laisse-t-on quand même dire mon avis à ce sujet ? ». Ou autrement : « Combien de temps me reste-t-il pour vous faire abandonner ce projet détestable ? »

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