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 Cause my heart is wherever you are {pv Susan Fleming}

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MessageSujet: Cause my heart is wherever you are {pv Susan Fleming}   Jeu 25 Aoû - 16:58

"Cause my heart is wherever you are"


« Nulle amie ne vaut une soeur. »





Le voyage avait été long depuis Londres, mais rien au monde n’aurait pu faire regretter au Lord son départ de la brumeuse capitale. Les longues journées sur les routes avaient semblé défiler le plus rapidement du monde tout en durant plus que de raison, et son impatience de rejoindre le Nord n’avait été tempérée que par la patience nécessaire à une telle entreprise.

Après les évènements ayant secoué Whitehall, Guildford avait jugé bon de prendre quelque repos en son domaine du Northumberland, afin de prendre un peu de repos loin des intrigues de la Cour et de laisser retomber l’effervescence consécutive à sa conduite lors de l’attentat mené contre le Roi. Cette histoire ne devait point prendre de dimensions trop importantes, son seul but étant de s’attirer l’intérêt du Roi, et non des Ministres et autres suiveurs de mode n’ayant de cesse que de se rapprocher de ce qui ne manquerait pas de plaire à Sa Majesté. Certes, voir sur son nom et sa maison resurgir le prestige que possède ceux ayant risqué leur vie pour la monarchie flattait son orgueil d’homme du monde, mais être aveuglé par tant de compliments faits à son courage se révélait être un écueil bien trop pernicieux pour ne pas être pris au sérieux. Sans compter que supporter à longueur de journée les lettres de « nouveaux amis » proprement inconnus, et cependant plus que disposés à dépeindre son sens des responsabilités à qui le leur demanderait. Non, il était définitivement clair que le noble ne se révélait pas un si bon courtisan que cela… Comprenez-le enfin : son caractère si porté sur la solitude et la franchise ne prêtait guère aux hypocrisies dont sa propre personne se trouvait être l’objet. Une absence de sa part permettrait à ce petit monde de trouver une nouvelle coqueluche, et dans quelques semaines, il aurait retrouvé le semi anonymat le plus adéquates du monde afin de circuler au palais sans être arrêté à chaque pas par un de ses pairs. De plus, cela faisait une éternité que Gui n’avait revu sa sœur, et il était grand temps d’y remédier.

Le trajet fut effectué à cheval et avec fort peu de bagages, le cavalier aguerri comptant sur une prompte progression, ainsi que sur les auberges semées le long des voies pavées naguère par les troupes romaines. Entre chemins de terre et axes peuplés de marchands et autres itinérants, Fleming n’eut par chance à se heurter à aucun incident majeur digne de retarder son périple, bien que c’eut été les bandits de grand chemin qui auraient eu à le craindre, et non l’inverse. Nulle rencontre agréable n’avait d’autre part égaillé cette chevauchée, et ce fut tout à loisir que le bien né savoura le silence aussi bien que le vent sur sa peau lors de passionnants galops et les vastes paysages s’offrant à sa vue. Economisant sa monture quitte à ressentir la morsure de la hâte à serre cette chère Susan contre son cœur, il s’arrêta chaque soir et repartit dès l’aube esquissée, traversant les divers comtés composant le Royaume où il se vit parfois reçu fort aimablement par le châtelain et les siens. Plus la distance entre Londres et lui augmentait, et plus les nouvelles mettaient du temps à parvenir aux domaines éloignés, si bien que bientôt le britannique ne fut plus connu que comme un simple voyageur rentrant chez lui plutôt que comme un admirable héros. Ainsi, on lui rapporta que l’on aurait véritablement adoré assister à la somptueuse fête qui, d’après les dires, avait illuminé toute la cité, mais n’y avait-il point eu de troubles à la Cour comme certains on-dit le suggéraient ? S’amusant intérieurement de retracer de façon forte générale les actes d’un certain Lord, Gui ne sacrifia en rien le mystère entourant cet avatar de lui-même lui permettant d’être en paix. Il s’agissait peut-être d’une certaine vanité, d’ainsi conserver la vérité pour lui seul, à moins que ce ne fût une sorte d’humilité… Quoi qu’il en soit, chaque matin, une silhouette en noire s’élançait sur les routes, sa cape claquant dans l’air rafraîchi par la rosée.

Loin de la côté, itinéraire pourtant tout aussi pittoresque, les valons succédaient aux vertes plaines parsemées de petits villages. L’extrémité du pays devenant de plus en plus proche, les grandes villes se muaient en bourg, tant la marque des guerres avec l’Ecosse se faisait encore sentir : on n’osait plus bâtir pour l’avenir, certain que l’année suivante, une horde de barbares viendrait tout détruire… Ou que les soldats d’Henri VIII, menés sans rigueur aucune, pilleraient la contrée en échange de leur protection. En résultait des paysages aussi grandioses que sauvages, aux allures de légende celtique et de chanson moyenâgeuse. Que Guildford aimait cette terre. Dans chaque battement de cœur, chaque inspiration, il se sentait renaître, plus fort, plus apaisé qu’au mile précédent. Cette verdure, le chant des ruisseaux l’accompagnant, l’ombre des bois, l’odeur de l’humus mouillé… Autant de souvenirs de son enfance avant le drame, et de son adolescence une fois installé chez ses tuteurs. Chaque parcelle de son être se sentait à présent à sa juste place, là où il pourrait être utile et heureux. S’il n’y avait eu ses affaires à Londres et son désir de protéger cet endroit si parfait, le Lord n’aurait jamais quitté le Northumberland, que tous trouvaient, bien injustement, si inhospitalier. Il rentrait chez lui. Rien n’aurait su l’arrêter, ni alléger plus son cœur.

Dans le ciel d’un bleu limpide, quoi que traversé par quelques nuages, un temps rare pour cette partie de l’Angleterre si sujette aux violentes averses, la forme sombre du château des Fleming se découpa, altière, vénérable. Et comme le premier jour où son propriétaire y avait pénétré une façon sa reconstruction, un sentiment de toute puissance mêlé de fierté et respect souleva sa large poitrine. Avec les grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités ; Gui en passant le pont-levis au rythme des sabots de son cheval frappant le bois humide, venait de voir sur ses épaules déposée le rôle du grand seigneur, écouté, craint et respecté, reflet que lui renvoya l’onde habitant les douves, bien qu’il n’y fit point attention. Non, le regard clair de Guildford s’attardait sur les fenêtres de sa demeure, ces fines fentes faîtes pour la guerre et non pour l’élégance, sachant que derrière l’une d’elles, sa cadette devait certainement guetter l’arriver du nouveau venu en qui elle découvrirait son frère.

Ce dernier sauta lestement à terre, ses éperons tintant légèrement en rencontrant les pavés vermoulus par endroit de la cour d’honneur, tandis qu’une poignée de palefreniers sortaient des écuries afin de s’occuper de sa monture, et qu’un laquais le saluait, regrettant de n’avoir été prévenu plus tôt afin de préparer comme il se devait l’arrivée de son maître. Avec un demi sourire, Gui se félicita de n’avoir envoyé aucune lettre, à la fois pour éviter la haie d’honneur constituée de tous ses gens de maison lui souhaitant la bienvenue en chœur, et pour conserver la surprise de son séjour imprévu.


-Cela n’est point grave, Edmund. Mademoiselle ma sœur a-t-elle été avertie de ma présence ?

Le mouvement ample d’une robe attira son attention du côté des escaliers de pierre, tandis qu’une apparition, agrandissant son sourire, le subjugua.






Crédits :
Citation : Christina Rossetti
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MessageSujet: Re: Cause my heart is wherever you are {pv Susan Fleming}   Ven 2 Sep - 10:22

Les jours, au Northumberland, se ressemblent et la solitude est bien souvent présente dans le grand château où Susan vit et où, il n'y a pas si longtemps, elle restait enfermée durant toute la journée. Mais depuis peu, elle sortait, marchant dans les rues du comté ou dans les prairies et les bois environnants. Chaque jour qui passait, elle aimait un peu plus la région. Des montagnes, des forêts et des champs à perte de vue... Une terre, certainement plus peuplée par les animaux que par les humains, qui a pour centre un joli village et légèrement au-dessus, un château. Un endroit qui aurait de quoi faire rêver n'importe quel être vivant, la demoiselle en était convaincue. Et bien qu'elle se plaignait régulièrement que le comté ne soit pas assez habité pour être un véritable paradis, au fond elle, elle savait qu'il ne manquait que la présence de son cher frère à ses côtés pour qu'elle se demande si l'endroit où elle vivait n'était pas réellement un paradis.
Cependant, ses domestiques les plus fidèles trouvaient que depuis quelques jours elle semblait très inquiète et plutôt mélancolique. Mais ils ignoraient la raison de sa peine soudaine...
L'explication était toute simple et compréhensible :
Il y a maintenant deux jours un marchand était venu au comté, présenter ses produits. Susan avait appris qu'il voyageait très souvent et allez un peu partout en Angleterre. C'est pourquoi, pendant qu'elle lui avait acheté un beau carré de tissu, elle lui avait demandé avec un grand sourire des nouvelles de la capitale. Elle désignait bien sûr la fête qu'il y avait eu en l'honneur du mariage du roi et de Jane Seymour à laquelle elle n'avait pas put participé suite à un vilain rhume qui l'avait mise à plat pendant plusieurs jours.
La jeune femme fut tout de suite surprise par la mine grave qu'afficha le marchant.
« Vous n'avez pas été prévenue ? Pendant la fête, un homme à tenter de tuer le roi, mais un vaillant valet s'est jeté sur notre souverain et s'est pris le coup d'épée à sa place...
Ensuite l'assassin a pris la fuite en hurlant « Longue vie à la Rose Noire. » et en blessant le plus de nobles possible sur son passage. Il a été rattrapé peu de temps après par des gardes de sa majesté.
Enfin "ça ", c'est tout ce que l'on m'a raconté et on n'a pas voulu me dire grand-chose. La nouvelle doit être en train de faire le tour de l'Angleterre... »

" blessant le plus de nobles possible sur son passage " Susan réagit immédiatement. En un éclair, ses jambes se mirent à trembler et sa vue se brouilla. Elle savait que Guilford avait, normalement, participé à cette soirée et elle pensa avec horreur qu'il aurait très bien put être blessé, peut-être même mortellement !
Toute sa bonne humeur fut brutalement remplacée par la peur, la peur d'avoir perdu un être cher ou que celui-ci souffre. C'était à se demander si elle n'allait pas s'évanouir tellement cette angoisse avait pris une immense proportion dans son esprit. Elle demanda alors, très inquiète, si le marchand savait qu'elles étaient les personnes qui avaient été blessées. Il répondit négativement. La douce Lady revint peu à peu à ses esprits et son souffle fut un peu plus paisible, se disant qu'il ne fallait pas dramatiser maintenant... Elle le remercia, puis, de retour au château, elle alla s'enfermer dans sa chambre tout en essayant de camoufler son anxiété qui, bien qu'un peu atténuée, était toujours là.
Les deux jours passèrent et rien ne semblait pouvoir distraire suffisamment la demoiselle pour qu'elle oublie ne serait-ce qu'un instant l'inquiétude qu'elle ressentait. Elle parlait peu et sortait pratiquement jamais de sa belle chambre. Elle lut beaucoup : en deux jours elle eut finit presque autant de livres qu'elle lisait, habituellement, en une semaine. Quelquefois elle regardait par sa fenêtre espérant probablement voir arriver un ou une ami(e) qui serait peut-être capable de la divertir et de la rassurer.
Elle ne savait pas clairement à quoi elle s'attendait, mais elle voulait que ça change. Qu'on lui apporte une bonne ou une mauvaise nouvelle mais qu'on ne la laisse surtout pas dans le doute ! Susan trouvait cette position vraiment insupportable. Elle voulait être persuadée que son frère avait bien su se protéger et qu'il n'avait pas était touché, mais elle ne le pouvait pas. Elle restait donc dans la plus horrible des incertitudes.
Aujourd'hui, elle s'était réveillée tôt. Très tôt. C'était à se demander si la jeune demoiselle avait fermée l'oeil de la nuit. De grandes cernes entourait ses yeux et son teint paraissait plus livide que jamais. Elle s'habilla simplement quoique toujours luxueusement. Après avoir mangé son petit-déjeuner, elle se remit à son activité préférée, sans trop, hélas, d'enthousiasme : la lecture.

Elle avait fini par quitter son livre pour broder un peu. Ce qu'elle faisait n'était pas du grand art et elle en était bien consciente mais rien qu'assise à coudre quelque chose, bien que ce soit sans formes vraiment concrète, elle se sentait un tout petit peu plus détendue.
Pendant ce temps, son cher frère arrivait et se rapprochait de plus en plus du remarquable château des Fleming.
Entendant le pont-levis grincer la jeune fille regarda, à travers la fente, quel était donc le nouveau venu, si bien sûr elle pouvait le reconnaître.
L'effet fut instantané. Son teint blanc devint légèrement rosé, ses yeux reçurent un éclat brillant qui se faisait rares ces derniers jours, sa bouche forma aussi-tôt un sourire des plus radieux tandis que dans tous son corps Susan sentit une impression chaleur dut à l'euphorie qui venait de naître en elle. La silhouette qu'elle avait aperçu, elle l'aurait reconnu entre mille. C'était sans nul doute celle de Guilford et il lui avait semblé en parfaite santé ! Soulagée, elle se dit qu'il n'était finalement pas la peine de dramatiser...Tout ce qui avait bien pu se passer au Whitehall fut oublié. Toute son angoisse c'était évaporé à l'instant même où à travers la fenêtre la jeune fille avez vu son frère. L'inquiétude rendit enfin sa place à la joie.
La lady se leva avec hâte et observa son reflet dans un miroir. Plus rien en elle ne pouvait faire penser qu'à un moment donné elle avait était triste. Elle semblait épanouie malgré ses cernes qui, elles, n'avaient pas disparu. A peu près satisfaite, la demoiselle s'empressa de descendre les escaliers et de traverser les grandes salles du château. Enfin, elle arrivait à la cour...
Il n'y avait pas de doute c'était bien son frère qui était là, si près d'elle. Il lui tournait un peu le dos et ne la vue pas immédiatement. Il parlait visiblement avec le laquais et se rapprochant, Susan entendit la conversation.

-Cela n'est point grave, Edmund. Mademoiselle ma soeur a-t-elle été avertie de ma présence ?
La jeune demoiselle ne laissa pas le temps au valet de répondre, ayant bien trop hâte de parler à son frère. Quelques instants avant qu'elle ne prenne la parole Guilford se retourna un grand sourire au visage.
-Bonjour mon frère. Je suis réellement ravie de votre venue ici. Vous allez bien ? J'espère que votre voyage s'est bien passé...
Leur dernière rencontre commençait à dater, mais la Lady ne trouva pas son frère particulièrement changé. Elle regarda le ciel où le soleil brillait. Elle était enfin convaincue que le Northumberland ressemblait en tout point à son idée du paradis
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MessageSujet: Re: Cause my heart is wherever you are {pv Susan Fleming}   Lun 5 Sep - 16:07

(c) tumblr

Like thousands shining suns,
You brighten every day of my life.




Quel meilleur accueil pouvait souhaiter un homme rentrant chez lui après une longue absence ? Tant de solitude, de silence et de froid, cette éternité d’insensibilité constituant sa vie à Londres, venaient de prendre fin, balayés par le simple mais néanmoins merveilleux visage de Susan. Il s’agissait bien de sa sœur, de cette personne qu’il avait vue pour la dernière fois quelques mois auparavant, mais c’était à chaque fois comme s’il la redécouvrait, comme si des myriades de petits détails se rappelaient à lui, lui montrant à quel point il avait de la chance d’avoir cette jeune femme comme parente. Ce vide immense et toujours latent qui habitait chacune de ses journées lors de ses séjours à la capitale trouvait enfin la pièce manquante, et Gui se sentait enfin l’égal d’un tout. Certes, se sentir parfaitement entouré alors que sa famille ne se composait que d’un seul être pouvait paraître quelque peu inconcevable. Mais vous ne pouvez imaginer à quel point Susan remplaçait pour lui tout ce dont on avait l’occasion de nécessiter comme liens affectifs. Seul son regard brillant et ses traits parfaitement détendus, privés de ce masque impassible emprisonnant ses moindres émotions en temps normal, auraient pu vous mettre sur la voie. Car entre eux, il n’y avait ni besoin ni même existence de formules suffisamment chargés de sens pour exprimer ce qu’ils pouvaient se dire en demeurant sans mot dire.

-Je me porte à merveille, je vous en remercie, lui répondit Guildford avec une chaleur encore contenue, restreinte à une complicité bienveillante. Les routes furent par chance bonnes, de même que le temps, ce qui facilita grandement mon périple.

Parler de la pluie et d’autres sujets si inconséquents, tout en conservant cette retenue existant entre chaque membre de la noblesse, même du même sang, cela ne lui ressemblait pas vraiment. Allons, compte-tenu de leur lien si spécial, on aurait pu espérer quelque chose d’un peu plus chaleureux ! Seulement si les rigueurs de la bienséance n’avaient réussi à entamer l’affection qu’ils se vouaient mutuellement, certains usages devaient cependant être respectés : pour le moment, ils n’étaient point en privés, environnés de domestiques qui n’avaient pas à partager leur bonheur d’enfin être ensemble. Ce qui n’empêcha pas Gui de lui sourire comme il souriait rarement, sans pour autant verser dans l’exubérance mal placée qui ne lui correspondait pas, et n’aurait elle non plus pas été tolérable en présence de tierces personnes. Néanmoins, comme s’ils avaient compris tacitement que leurs maîtres désiraient se retrouver seuls à seuls, le palefrenier mena jusqu’aux stalles la monture du Lord, organisant le travail des divers pads sous ses ordres. Quant aux autres serviteurs, ils disparurent à l’intérieur après avoir récupéré les quelques bagages de l’aristocrate attachées à la selle de ce dernier. Bientôt, il ne resta plus que ce bon Edmund, qui ne tarda pas, voyant tout son petit monde occupé, à s’incliner à nouveau tout en demandant :

-Sa Seigneurie a-t-elle encore besoin de mes humbles services ?

Fleming, qui avait vaguement suivi les agissements de ses employés sans parvenir à se détacher des traits de Susan, tourna enfin son visage vers lui, secrètement reconnaissant de cette demande permettant d’écarter le dernier témoin de leurs retrouvailles.

-Cela ira, vous pouvez disposer.

Nouvelle courbette, et enfin la cour fut vide. Bien entendu, il n’était pas à exclure que certains valets puissent avoir eu le mauvais goût de se poster aux fenêtres afin d’espionner leurs employeurs, mais enfin, il s’agissait là de leur faute, et non de celle de celui qui allait laisser éclater sa joie de tenir dans ses bras la seconde moitié de son cœur.

Gui saisit alors sans plus de procès sa sœur dans ses bras, la soulevant de terre et la faisant tournoyer à l’instar d’une plume plus légère qu’un soupir. Bon sang ce que cela faisait du bien ! Son cœur contre le sien, sa fluette personne entre ses bras, sa chevelure caressant son visage et son délicat parfum emplissant son âme… Tout l’amour dont était capable le cœur d’un homme se voyait ici décerné à un seul être, sans partage ni même idée qu’une autre qu’elle puisse en bénéficier.


-Ce que vous avez pu me manquer, Susan… ! lui murmura-t-il en la reposant enfin au sol, ses mains remontant déjà à ses joues. Vous êtes plus belle de jour en jour.

ça n'était pas une attitude très orthodoxe dans le monde des sangs bleus, mais lorsque l'on chérissait sincèrement, tout se trouvait permis. Lui-même n’aurait pu aller mieux, de toute manière, et la question de la demoiselle, quoi qu’adorable par la sollicitude dont elle témoignait, n’aurait pu recevoir qu’une seule réponse qu’elle aurait pu se figurer fort aisément. Guildford n’avait la possibilité de vivre réellement et pleinement qu’à ses côtés, leur petit monde si simple le satisfaisant sans réserve. Père et frère en même temps, figure admirée et aimée tout autant, il vivait dans une sorte de passé des plus agréables où la jeune femme et lui évoluaient sans soucis, loin des plaies du passé, et résolument tournés vers un avenir basé sur leur unité indivisible et ne pouvant qu’être radieux. Lui se chargeait de tout, aplanissait les difficultés, créait un monde meilleur… Un univers rien que pour lui et Suzy… Et partant d’un bon sentiment, c’était comme un cocon que le bien né tissait autour de leur tandem, incapable sans doute de comprendre qu’un jour la miss volerait de ses propres ailes. Elle n’était encore qu’une enfant, une petite fille qu’il fallait choyer telle la prunelle de ses yeux. Qu’est-ce que le monde aurait-il bien pu leur offrir, hors de ces murs ? Non, ce serait seulement l’un près de l’autre que les ténèbres sauraient se voir repoussés loin de leur bonheur si simple. Prison bienveillante ou surprotection estimable, toute juste mesure perdait de sa signification dès que le noble croisait les yeux rieurs de sa cadette. Parlons candidement de douce folie n’ayant rien de passager, et ne faisant pour le moment aucun mal à quiconque…

L’anglais fronça néanmoins les sourcils en réalisant soudain que Susan avait quelque peu les traits tirés, chose inconcevable puisqu’il aurait remué ciel et terre afin de lui éviter toute fatigue ou tout désagrément.


-Susan, votre mine… ! J’espère que vous n’êtes point souffrante ? Mangez-vous correctement à chaque repas ?

Oui, il n’y avait définitivement qu’un père pour s’adresser ainsi à une demoiselle de vingt-quatre années parfaitement apte à s’en sortir correctement au sein d’une maisonnée très bien pourvue en personnel de maison compétent. Cependant, vous ne connaissez pas cette chère Susan comme son ainé la connaissait : elle était si ingénue, si désireuse de ne point déranger personne, qu’elle se serait laissée mourir de faim plutôt que d’importuner quelqu’un afin qu’on lui servît d’autres plats l’attirant plus. Tant de bonté finirait par la desservir, pauvre enfant ! Gui allait reprendre les choses en main, et veiller sur elle, comme il l’avait toujours fait, et comme il le ferait jusqu’à son dernier souffle. Quitte à couver du regard les moindres faits et gestes de la Lady si cela s’avérait nécessaire. Pouvait-on cependant lui en vouloir de se montrer aussi protecteur et omniprésent ? Tant de drames étaient survenus dans sa vie, comme s’il attirait proprement à lui les pires ennuis : d’abord cette nuit funeste les privant de leurs parents ainsi que de leur foyer, et puis ce bal terrible où tant de braves gens avaient si sottement perdu la vie… Oui, les Fleming nourrissait une grande capacité à s’inquiéter plus que de raison au sujet de l’autre, ce qui leur avait permis, jusqu’à lors, de vivre le mieux possible, trouvant paix et réconfort dans le bien être de l’autre. Confort sur lequel le britannique allait se pencher un peu particulièrement dès à présent, prenant à peine le temps d’écouter les réponses de Susan, non pas par manque d’intérêt, mais par souci de bien faire.

-Venez ma sœur, rentrons à l’intérieur ; nous y serons plus confortablement installés afin de converser.

La chaleur de ce joli début juin, l’ensoleillement vif dont la région bénéficiait après les pluies du printemps, autant d’éléments sur lequel le noble n’avait pas l’opportunité d’influer, lui le grand amateur de contrôle, mais qui pouvaient néanmoins importuner la demoiselle. Lui prenant doucement la main, et passant devant, Guildford fit ce qu’il avait toujours fait : prendre la tête des opérations, et imposer sans violence les choix qu’il estimait les meilleurs pour l’être le plus cher qu’il ait jamais connu.
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